Russia

30.7. - 13.8.2017



Region Mt. Aktru - Région du mont Aktru


Reise in Bildern - Voyage en images


Momentaufnahmen - Petites histoires

Willkommen in Russland

Die russische Grenzkontrolle passieren wir problemlos. Die Zollbeamtin schenkt mir ein zauberhaftes Lächeln. Beim Ausstellen der Versicherung für Ursul amüsieren wir uns unter Frauen trotz meiner geringen Kenntnisse der russischen Sprache mit Hilfe von Zeichensprache köstlich. Spüren die, dass ich mich freue, wieder in Russland zu sein?


Bienvenue en Russie

Le passage de douane se passe sans problème et j'ai droit à un beau sourire de la part de la douanière. Lors de l'achat de notre assurance auto, nous nous amusons et rions entre filles. Est-ce qu'elles sentent mon plaisir d'être de retour en Russie?


Erster August

Ein schöner Platz mit Feuerstelle am Fluss Charysh haben wir rasch gefunden. Doch der Regen macht uns einen Strich durch die Rechnung. Heute gibt es kein Feuer zu Ehren unseres Nationalfeiertages und das Bräteln der Cervelat muss verschoben werden. Ganz patriotisch gibt es halt zur Vorspeise eine Minirösti.

Premier août

Nous trouvons une belle place au bord de la rivière Charysh pour la nuit. Il y a même du bois tout prêt pour faire un feu. Toutefois la pluie décide qu'il y en aura pas ce soir et que notre cervelas kyrgyze restera emballé dans le frigidaire. Alors je fais une petite roesti comme entrée pour fêter la Suisse.


Kupplung

Durch einen schönen Wald auf kleiner Strasse fahren wir einem Pass entgegen, als plötzlich die Kuppelung spuckt. Pierre hält an, steigt aus, überprüft, ob mit unserem neuen Teil etwas nicht stimmt. Er findet keine äusserlichen Anzeichen für das Problem. Nur zögerlich kraxeln wir dem höchsten Punkt entgegen. Wir brauchen so rasch als möglich Hilfe. Wieder unten im Tal erkundigt sich Pierre bei einer Tankstelle, wo der nächste Mechaniker sei. Wir haben Glück, einige Kilometer weiter im Dorf Ust Kan gibt es sogar mehrere und auch Ersatzteile für Autos zu kaufen. Wir schaffen es bis zum Parkplatz mitten im Dorf. Kaum ist der Motor abgestellt, erscheint ein junger Mann und fragt uns auf Deutsch, ob er ein Foto von Ursul machen dürfe. Kein Problem antworten wir. Er ist mit seiner Lebenspartnerin und der etwas mehr als zweijährigen Tochter in den Ferien in Russland. Erst als er wieder in seinem Lada mit russischen Kontrollschildern sitzt, wird uns klar, dass er uns vielleicht bei der Suche eines Mechanikers behilflich sein könnte. Er spricht als Deutsch-Russe beide Sprachen bestens. Selbstverständlich gerne ist die Antwort und Natascha fügt an: Genau aus diesem Grund sind wir uns hier begegnet. Wir erkundigen uns erst einmal im Laden für Ersatzteile. Diese geben uns eine Richtung an. Andrei schlägt vor, mit dem Lada dorthin zu fahren. Unsere Suche ist nicht mit Erfolg gekrönt. Doch sehen wir bei einem Haus einen grossen Lkw geparkt. Kurzerhand hält Andrei an, geht zum Haus und klopft an die Türe. Der Lkw-Besitzer hilft uns gerne weiter. Wir fahren seinem Wagen nach zu einer Werkstatt. Nachdem Andrei dem Mechaniker unser Problem erklärt hat, holt Pierre Ursul. Anstatt gleich alles auseinanderzunehmen, schraubt der Mechaniker eine Schraube fest und Pierre macht eine kleine Testfahrt. Das Problem ist gelöst. Beim Drücken der Kupplung hat es wieder die notwendige Luft. Nun weiss Pierre was zu tun ist, sollte das Problem nochmals auftauchen.

 

Wir beschliessen den Abend gemeinsam mit Natascha, Dascha und Andrei zu verbringen. So erfahren wir viel über die Geschichte der Deutsch-Russen und ihr Leben in der heutigen Zeit. Wir lassen den gemütlichen Abend am ruhig dahin plätscherndem Bach und den letzten Flammen unseres Feuers ausklingen. Ein schöner Moment, eine schöne Begegnung.

Embrayage

Nous roulons vers un col en traversant une belle forêt lorsque notre embrayage cause à nouveau des problèmes. Pierre débarque et contrôle la pièce nouvellement installée. Il ne trouve pas la source du problème. Le reste de la montée est lente et penible. Nous avons besoin d'aide. Dans un poste d'essence nous posons la question à un client pour trouver un mécanicien de camions. Nous sommes vraiment chanceux, il y en a un dans le prochain village à quelques kilomètres seulement. Nous nous rendons sans trop de difficulté jusqu'au stationnement central de Ust Khan. Le moteur juste arrêté, un jeune homme parlant allemand nous approche et demande de faire une photo d'Ursul. Nous lui accordons avec plaisir ce souhait. Il est en vacance en Russie avec sa compagne et leur fille, Dascha, d'un peu plus de deux ans. De retour dans sa Lada 4x4 avec plaques russes, nous le regardons et nous nous rendons compte qu'il doit aussi parler Russe. Je vais lui poser la question s'il peut bien nous aider à retrouver le mécanicien en question. Etant Allemand-Russe il parle effectivement les deux langues parfaitement bien. La réponse de Natascha et d'Andrei est un oui spontané. Dans le magasin pour pièces de rechange, ils nous explique le chemin. Nous partons tous dans la Lada pour trouver l'atelier en question. Nous ne le trouvons pas. En voyant un grand camion stationné devant une maison, Andrei décide de s'arrêter et de frapper à la porte de la maison. Le chauffeur du camion nous prie gentiment de suivre sa voiture jusqu'à l'atelier. Andrei explique notre problème au mécanicien qui croit pouvoir nous aider. Pierre cherche Ursul, le mécanicien serre une vis et après une courte conduite pour tester, le problème semble être réglé. Pierre sait maintenant quoi faire si le problème revient.

 

Pour remercier Natascha et Andrei pour leur temps et leur aide nous proposons de cuisiner ce soir pour tout le monde. Nous trouvons une belle place proche d'une petite rivière. Assis autour du feu ils nous racontent l'histoire des Allemand-Russes et leur vie actuelle en Allemagne. Une histoire difficile et émouvante. Pour nous, c'est l'occasion rêver de rôtir enfin nos cervelas. Une très belle rencontre avec des gens aimables.


Pisten - La piste

De la frontière kazakh à la frontière mongole, on a fait peu de piste mais de belles petites routes qui nous ont permis de visiter la Russie profonde. Voici deux pistes qui présente deux facettes de la « Republika Altay »

 

Vers le Mont Aktru

Raconté par Pierre

 

Notre première piste nous mène au Mont Aktru, deuxième sommet (4173m) de la « Republika Altay ». On en parle sur internet, elle est donc assez populaire car elle mène à quelques chalets au pied des glaciers. Un petit paradis pour l'alpinisme et la randonnée assez connu des russes. Tous les commentaires vantent la beauté des lieux et son accès par une piste difficile, accessible qu'aux 4X4 robustes.

 

On quitte la grande route à Kuray vers le sud. Le vieux pont résiste et on passe la première nuit dans la steppe à côté d'un vieux mélèze. La piste jusqu'au pied des montagne ne pose pas de problème jusqu'à Perevalka, un petit centre de vacance ou plusieurs véhicule sont arrêtés. Un vieux camion 6X6 avec passagers se prépare à partir, il nous dit qu'on peut continuer sans problèmes, on décide donc de le suivre, s'il passe, on devrait passer.

 

La piste commence dans la rivière Aktru car le pont est démoli ; beaucoup de grosses roches mais pas trop profond. Puis commence la montée. Même s'il a plu ces derniers jours, c'est assez sec quand la pente est bonne. Pour la section du milieu qui suit à peu prés la rivière, c'est une autre histoire. Des grosses roches et de la boue. On n'a jamais vu une piste en si mauvais état, à la hauteur de la réputation des pistes sibériennes. Il y a beaucoup de circulation, surtout des « taxis » et « autobus » transportant les randonneurs, et la piste n'est pas entretenue. Quand un passage devient trop difficile, on essaie à côté. On se retrouve donc face à une multitude de voies et il est difficile de choisir la moins pire pour un camion allant dans le sens de la montée.

 

Après 6 kilomètres sur 10, Theresa est près de craquer. Heureusement, la finale est facile dans le lit de la rivière. L'arrivée au pied des glaciers et les randonnées qui s'en suivent nous font presque oublier qu'il faudra prendre la même piste au retour.

Piste zum Berg Aktru

Erzählt aus der Perspektive von Theresa

 

Die schlimmste Piste unserer Reise bis anhin führt uns vom kleinen Dorf Kuray zum Berg Aktru (4173m) und den umliegenden Gletschern. Diese Gegend ist bei den russischen Alpinisten und Wandern ein beliebtes Ferienziel. Die Altaier offerieren einen Taxidienst mit Jeeps, kleinen Bussen und Lkw.

 

Schon die erste Brücke inspiriert nicht wirklich Vertrauen. Dennoch passieren wir sie ohne Probleme. Einen Nachtplatz finden wir im offenen Gelände in der Nähe einer alten Lärche. Unser grosses Fenster ist so positioniert, dass wir beim Aufwachen die vor uns liegende Bergkette sehen können. Zurzeit regnet es jedoch und die Wolken hängen tief. Am nächsten Morgen hat der Regen zwar aufgehört, das Bergpanorama versteckt sich aber weiterhin hinter dichten Wolken. Trotzdem machen wir uns auf den Weg.

 

Bald einmal fährt ein alter zum Reisebus umfunktionierter Lkw an uns vorbei. Er bringt Touristen zum Fusse des Aktru. Bei der kleinen Feriensiedlung Perevalka hält er an. Pierre lässt noch etwas Luft aus den Reifen, da es immer noch streckenweise sehr nass ist. Der Altaier hält den Daumen in die Höhe bevor er los fährt. Wenn der mit Touristen zum Camp fährt, dann kann die Piste ja nicht allzu wild sein, denke ich mir. Die erste Flussdurchfahrt ist relativ lang und schön. Die kaputte Brücke ist für Fahrzeuge auf keinen Fall mehr passierbar. Nach dieser geht es steil hoch, ein erstes tiefes Loch auf glitschigem Grund gilt es zu meistern. Meine Nerven und Muskeln spannen sich an. Dennoch bereitet mich diese erste schwierige Passage in keiner Art und Weise für die noch kommenden vor. Diese bestehen aus grossen Steinen, glattem Grund, braunen Wasserlöchern und verzettelten Wegen. Der russische Lkw ist schon lange am Horizont verschwunden und Pierre versucht nun, seiner Spur zu folgen. Ursul rutscht immer wieder ab, kommt in arge Schräglagen und der Unterteil touchiert sogar einmal den Boden. Ich kralle mich fest und trotzdem schüttelt es mich nonstop durch, ich fliege weg vom Sitz, hänge schräg in der Kabine und all das scheint kein Ende nehmen zu wollen. Mein Limit ist schon seit geraumer Zeit erreicht. Ich beisse weiter auf die Zähne , denn Aussteigen und zu Fuss weiterzugehen, ist nicht wirklich eine Alternative. Der Boden ist glatt und nass. Nach einer weiteren speziell schwierigen Passage hält Pierre auf einer ebenen Fläche an. Es sind nur noch etwas mehr als vier Kilometer zum Camp. Wie wenn ich spüren würde, dass diese letzte Strecke um einiges einfacher sein wird, lässt meine Spannung nach und ich heule los. Nach einer kurzen Erholungsphase geht es noch ein Weilchen weiter über Stock und Stein bis wir nach einer Kurve eine wunderbare Sicht auf ein Tal und die dahinter liegenden Gletscher haben. Obwohl die letzte Etappe teilweise durch den Fluss führt, ist sie einfach zu bewältigen und das Staunen ob der schönen Landschaft macht manches leichter. Dennoch am Ziel angelangt, bin ich erschöpft und meine Beine zittern.

 

Pierre macht am nächsten Tag eine schöne Wanderung zu einem der Gletscher und einem See. Ich ruhe mich aus und schaue mir die nähere Umgebung an.

 

Am Morgen unserer Abreise mache ich den nicht ganz ernst zu nehmenden Vorschlag, mich und Ursul mit einem der alten russischen Armeehelikopter ausfliegen zu lassen. Leider ist gerade keiner da. Die Rückfahrt kostet wiederum einiges an Nerven und diesmal muss ich mehrmals aussteigen, um meine beiden Herren in heiklen Situationen zu unterstützen. Erst beim Mittagessen nach Beendigung der Piste wird es mir wieder wohler. Nun kann ich das schöne Bergpanorama aus sicherer Distanz betrachten.


Une journée en extra

Raconté par Pierre

 

On suit la "Chuysky Trakt".  belle route asphaltée qui mène à la frontière mongole lorsqu'on réalise qu'on est samedi et que la frontière toute proche est fermée le week-end. On a donc une journée de sursis et on va passer une nuit paisible dans la vallée de Beltir qui s'annonce plus paisible pour récupérer de notre dernière expédition.

 

La piste qui mène au village est agréable mais sans plus. Le village éloigné de Beltir a déjà connu des jours meilleurs, presque tout est à l'abandon. On dépasse le village jusqu'au pont qui comme bien d'autres, ne donne pas trop confiance. Un fourgon "Mercedes Sprinter" est arrêté de l'autre côté et on va donc s'informer. Ce sont des policiers contrôlant la circulation dans cette zone frontalière avec le Kazakhstan, la Chine et la Mongolie. Dans ce qui nous semble un excellent russe, ils nous disent que le pont devrait résister et qu'on peut continuer sans "border permit". De l'autre côté du pont, une première piste remonte la vallée et la deuxième qu'on choisit grimpe dans la montagne pour rejoindre une autre vallée un peu plus loin.

 

La piste est petite, peu empruntée, mais pas difficile. Tout le contraire de la précédente. Arrivée dans la vallée, on voit des troupeaux, de petites maisons et quelques humains. Des villageois sont venus faire les foins. Un camion chargé de foin se prépare à rentrer. Il s'arrête et on discute un peu mais le contact n'est pas très bon. Dès qu'il repart, un deuxième camion, tout aussi vieu mais plus petit, s'arrête. Le couple d'une cinquantaine d'année est tout sourire. Malgré qu’ils ne parlent que le russe et le dialecte turc des autochtones locaux, on se comprend presque. Ils nous disent que plus loin c'est très beau, ils parlent de 5 km. On décide donc de continuer et on réalise qu'ils vont aussi par là. On les suit sur une piste qui n'en n'est pas vraiment une dans un paysage de plus en plus spectaculaire avec les montagnes enneigées qui se rapprochent. Peut-être vont-ils chez eux. Lors d'une pause pour observer un troupeau de chevaux, ils nous font signe de manger et suggèrent qu'on les suive. Ils sont gentils alors on suit aveuglément. Dans ce fond de vallée du bout du monde, on approche le plus beau troupeau de yak qu'on n'a jamais vu. Puis ils s'arrêtent alors qu'il n'y a ni maison ni campement en vue. Ils sortent des seaux et on comprend que les signes de manger n'étaient pas une invitation à souper mais plutôt à aller cueillir des petits fruits, des cassis précisément. Malheureusement, les fruits, ou plutôt les fleurs ont gelé en juin et nos seaux restent vides. On les invite à prendre un thé et on comprend alors qu'ils sont les propriétaires des troupeaux de yaks et de chevaux qui paissent dans cette vallée. On apprend qu'ils passeront la frontière avec nous lundi.

Une demie-heure après leur départ, une masse de chevaux puis de yaks remontent la vallée poussée par deux cavaliers, père et fils. Ils viennent évidemment nous rendre visite. On parle un peu, le père demande alors à son fils de défaire les bagages de son cheval puis il repart sur son cheval allégé d'où il est venu nous laissant seul avec fiston. Celui-ci très gentil nous offre d'essayer de monter son cheval et je fais un petit tour.

 

La noirceur est presque tombée lorsqu'on entend des animaux arriver. Pas des moutons, ni chèvres, ni vaches, ni yaks, ni chevaux mais une cinquantaine de chameaux de Bactriane, de vrais chameaux, pas de vulgaires dromadaires. Le père est à leur suite et il les poussent pour qu'ils fassent le tour de notre camion dans cette presque noirceur. Magique... mais pour les photos, c'est raté.

 

Pas tout à fait car le lendemain matin, notre jeune berger revient avec sa sœur et le troupeau de chameaux pour une deuxième parade. Les photographes s'en donnent à cœur joie.

 

Comme chameaux et yaks descendent aussi la vallée on les suit un moment. Puis, on décide de retourner au village par une autre piste. Le chemin est plus court mais la piste inexistante par moment. On y croise quelques cabanes avec troupeaux et bergers venus y passer l'été. Alors que la coutume des yourtes n'a pas résisté à la pression communiste, on passe à côté d'une yourte en dure. Les enfants qui y vivent nous suivent un moment jusqu'à ce qu'on retrouve définitivement la piste de retour au village.

 

Une journée comme on les aime...

Ein geschenkter Tag

Erzählt aus der Perspektive von Theresa


Es ist Samstag und morgen wollen wir in die Mongolei einreisen. Da kommt es mir in den Sinn, dass der Grenzposten über das Wochenende geschlossen ist. Wir beschliessen von diesem geschenkten Tag in der Republik Altai zu profitieren und fahren in das Beltir-Tal. Das kleine gleichnamige Dorf besteht zu einem grossen Teil aus Ruinen. Bei einer Brücke halten wir an, um sie uns erst einmal richtig anzuschauen. Einige Männer stehen bei einem Mercedes Sprinter auf der gegenüberliegenden Seite. Sie kommen uns auf der Brücke entgegen und versichern uns, dass die Brücke unsere 7,5 t auf jeden Fall aushält. Es ist die Grenzpolizei. Wir dürfen auch ohne "Border Permit" weiterfahren.

 

Die Piste führt erst einmal den Berg hoch und wir gelangen nach kurzer Fahrt in ein einsames Tal. Wir begegnen Herden, sehen kleine Hütten und einige wenige Menschen. Bei einer Abzweigung mit einer eindeutig gut sichtbaren Piste und einer schwachen Spur halten wir an. Die Altaier sind gerade am Heu einbringen und begrüssen uns. Kommt ein kleiner grauer Lkw daher, stoppt kurz und ein lachender älterer Herr gibt uns zu verstehen, ihm zu folgen. Fünf Kilometer weiter hält er an und lädt uns ein mit ihm und seiner Frau Beeren zu sammeln. Wegen eines Reifes im Juni sind leider keine Cassis zu finden. Es ist kalt und so wärmen wir uns bei Tee und Schokolade im Ursul auf. Eine heitere Begegnung trotz Sprachbarriere. Sie fahren zurück ins Dorf und wir bleiben für die Nacht.

 

Gerade haben wir uns für einen gemütlichen Abend in der Wärme breitgemacht, hören wir das Donnern von vielen Hufen. Draussen staunen wir nicht schlecht, Hunderte von Pferden und Yaks werden von einem Reiter das Tal hochgetrieben. Er sieht uns und stattet uns mit seinem Sohn einen Besuch ab. Der Vater lässt sein Gepäck bei uns und verschwindet. Wir kümmern uns, um den bei uns gestrandeten Sohn. Pierre darf für wenige Münzen einige Male um Ursul herum reiten. Dann ziehen sich alle in Ursul zurück. Plötzlich steht der Sohn auf und sagt "Papa". Wir schauen nach und ich sehe in der Dunkelheit nur gerade eine Art grossen Schatten. Er meint jedoch "Da, da Papa". Tatsächlich hören wir seine Stimme wenige Minuten später und öffnen die Tür wieder. Ein wunderbarer Moment beginnt. Er treibt eine Herde Kamele das Tal hoch und kommt bei uns vorbei. Auf seinen Ruf hin formen sie eine enge Gruppe, beginnen sich im Kreis zu drehen. Die Gruppe kommt auf Ursul zu und beginnt ihn zu umrunden. Einfach magisch. Wir fühlen und hören sie mehr als wir sie im Einzeln sehen können. Fotos können wir keine machen und so offerieren sie uns am nächsten Morgen nochmals bei uns vorbeizukommen. Tatsächlich gegen neun Uhr kommen sie und wir dürfen die Herde filmen und fotografieren. Wir folgen ihnen und einer Herde Yaks noch eine Weile talabwärts. Nach dem Queren eines kleinen Flusess folgen wir einer bergauf führenden Piste. Hoch oben werden wir mit einer Sicht über frisch verschneite Gipfel und farbige Berge sowie Täler nochmals verwöhnt, bevor wir die Rückfahrt auf einer kaum mehr benutzten Piste antreten. Die Tradition der Jurten ist in der Sowjetzeit verloren gegangen. Dennoch taucht plötzlich eine aus Holz vor uns auf. Wir staunen über sie und die darin wohnenden Kinder staunen über die Unsrige auf vier Rädern. Bald sehen wir eine gute Piste und in der Ferne das Dorf Beltir.

 

Wir haben diesen geschenkten Tag in vollen Zügen genossen.


13.10. - 6.11.2017

Sibirien - La Sibérie


Reise in Bildern - Voyage en images


Momentaufnahmen - Petites histoires

Der Baikalsee

Ein selten wertvolles und wunderschönes sibirisches Schmuckstück ist der Baikalsee. Bevor wir uns entscheiden in östlicher Richtung nach Vladivostok oder in westlicher Richtung in die Ukraine weiterzufahren, wollen wir noch einen Teil dieser grössten Süsswasserreserve der Erde erkunden. So verbringen wir einige Tage im Nationalpark auf der Halbinsel Svyatoy. Die Bucht Okunyovaya, gleich hinter dem Dörfchen Kurbulik, lädt zum Verweilen ein. So haben wir uns Sibirien von seiner schönsten Seite her vorgestellt. Eine Wanderung dem Ufer entlang durch Wildnis geniessen wir in vollen Zügen bevor es weiter geht nach ...

Le lac Baïkal 

Un vrai bijoux sibérien: ce lac Baïkal. Avant de décider si on continue le voyage vers l'est et Vladivostok ou l'ouest et l'Ukraine, nous partons à la découverte de la plus grande réserve d’eaux douce sur terre. Nous passons quelques jours sur la presqu’île Svyatoy, un parc national de la côte est du lac ; plus précisément dans la baie Okunyovaya juste après le petit village Kurbulik. La Sibérie qu'on rêvait. Une belle randonnée, seuls dans une nature sauvage, nous comble avant de reprendre la route vers ...


Die blauen Schuhe

Wenn jemand noch vor Kurzem Theresa gesägt hätte, dass sie eines Tages Plastikschuhe mit künstlichem Fell und einer zusätzlichen Innensohle aus Wolle in Grösse 42 tragen würde ... Nach der Reise durch das nasskalte Sibirien ist sie heute der Meinung, einer ihrer besten Käufe getätigt zu haben.

Les souliers bleus

Si quelqu’un avait dit à Theresa qu’elle porterait un jour des souliers bleus en plastique, grandeur 42, avec une fourrure synthétique et une semelle en laine supplémentaire ... Pourtant, elle les portent avec bonheur et découvrira, durant les prochaines semaines dans la froide et humide Sibérie, que c’est un des meilleures achats de sa vie.


Von Irkutsk an die ukrainische Grenze

Nachdem wir uns endlich entschlossen haben über Europa nach Amerika zu reisen, treffen wir in der hübschen Stadt Irkutsk ein. Die erste Nacht stehen wir auf einem Parkplatz gleich neben dem Fluss. Auf der andern Seite hat es ein Einkaufszentrum für diverses Autozubehör. Da ein kompletter Ölwechsel, Achsen und Getriebe notwendig ist, macht sich Pierre hier auf die Suche des benötigten Öls und wird auch fündig. Gleich beginnt er mit der Arbeit. Der Getriebeölwechsel kann er nicht durchführen, da eine Schraube für den Ölablass wegen Abnutzung nicht mehr gelöst werden kann. Bei dieser Gelegenheit stellt er fest, dass der vordere rechte Stossdämpfer Öl verliert. Das Auffinden einer Mercedeswerkstatt für Lkws wird unumgänglich.

 

Am nächsten Morgen verschlechtert sich unsere Situation weiter. Während die Leute von Mercedes einen neuen Stossdämpfer suchen, wechselt Pierre die Räder und stellt fest, dass eine der Bremsscheiben arg beschädigt ist. Leider finden sie weder Stossdämpfer noch Bremsscheibe oder ein Unternehmen für das Schleifen der Bremsscheibe. Auch haben sie kein Öl für den Getriebeölwechsel. Die Kommunikation mit ihnen ist schwierig und ohne die Hilfe von Julie, der Buchhalterin, die Französisch spricht, wären wir wohl unverrichteter Dinge wieder abgezogen. Dennoch müssen wir uns mit einer provisorischen Lösung für die Bremsscheibe und einer nun wieder lösbaren Schraube beim Ölablass begnügen.

 

Ein weiteres Missverständnis führt dazu, dass wir eine zusätzliche Nacht in Irkutsk bleiben. Diese verbringen wir im hübschen Hostel Rolling Stones. Am Abend essen wir in der Brasserie bbb bei Benoit und geniessen gutes belgisches Bier. Am nächsten Morgen gelingt der Start in den neuen Tag besonders gut dank den knusprigen Croissants und köstlichem Kaffee im Café bbb. Die Begegnung mit Benoit war echt sympathisch.

Nach dem Mittagessen fahren wir los. Es liegen mehr als 5000 km vor uns bis zur ukrainischen Grenze. Wir sind angespannt. Ursul ist weit entfernt von seiner Bestform, das Visum für Russland ist begrenzt, in Sibirien hält der Winter Einzug und wir haben nur einen Fahrer sowie Mechaniker in der Person von Pierre an Bord.

 

990 km vor Krasnojarsk verbringen wir unsere erste Nacht auf einem der Parkplätze für Lkws. Diese sind meistens in der Nähe einer Tankstelle. Für das leibliche Wohl ist durch kleinere und grössere Restaurants gesorgt. Der Boden ist oft matschig und dreckig. Ein Lkw reiht sich an den andern, die ganze Nacht durch heulende Motoren und der Verkehrsstrom hört nie wirklich auf. Wir entdecken eine der Realitäten von Lkw-Fahrern.

 

Wir müssen pro Tag mindestens 500 km fahren. Eine Distanz, die wir sonst nur äusserst selten zu bewältigen haben und schon gar nicht während mehrerer Tage. Mit diesem Druck im Nacken heissen wir auch die kleinste Verzögerung nicht willkommen. Unser erster Tag on the road beginnt mit einem Brand in der Fahrerhauskabine. Gegen sieben Uhr entwickelt sich Rauch, der aus dem Heizungsventilator kommt. Pierre kann gerade noch rechtzeitig am Strassenrand anhalten und mit Wasser aus unseren Trinkflaschen sowie dem tragbaren Feuerlöscher den Brand tilgen. Eine überhitzte defekte elektrische Leitung beim Heizungsventilator hat zum Brand geführt. Die Sicherung wird entfernt und wir putzen so gut es eben geht, um möglichst rasch wieder fahren zu können. Nur hat der Kurzschluss die Batterie geleert und so startet der Motor nicht mehr. Hilfe findet sich hier nicht gleich um die Ecke. Deshalb überbrücken wir mit der Hausbatterie und siehe da es klappt, der Motor startet wieder.

 

In der Zwischenzeit ist es hell und grosse schwere Schneeflocken fallen vom Himmel. Da wir im Fahrerhaus keine Heizung mehr haben, lassen wir die Verbindungstür offen und heizen die Wohnkabine. Der Föhn wird mittels Verlängerungskabel in der Wohnkabine eingesteckt und dient nun als Entfroster und Heizung für die Füsse des Fahrers. Unser Computer mit den Karten spuckt teilweise, hat er doch Wasser geschluckt. Endlich nach mehreren Stunden Unterbruch fahren wir weiter mit einem Ursul, der noch etwas weniger in Form ist. Nach wenigen Kilometern gibt auch einer der Scheibenwischer seinen Geist auf. Er bricht unter dem schweren nassen Schnee zusammen. Gut haben wir einen Ersatz dabei.

 

Nach einer Nacht neben einem kleinen Friedhof zu Beginn eines Dorfes, 530 km von Krasnojarsk entfernt, nehmen wir die Strasse wieder unter die Räder. Diesmal ist sie vereist. Oben auf einem kleinen Hügel stehen Lkws. Was ist den hier los? Sie wagen nicht runterzufahren, da auf der Gegenseite ein grosser Lkw quer über die Hälfte der Fahrbahn steht. Pierre fährt trotzdem sehr langsam und vorsichtig den Hügel runter und drüben wieder hoch. Wir können nicht stundenlang auf bessere Zeiten warten. Es geht gut. Doch einige Kilometer weiter ist es an uns, ins Schleudern zu geraten. Pierre fängt Ursul rasch und gekonnt wieder auf. Trotzdem unsere Reifen sind für vereiste Strassen ungeeignet. Sie erbringen ihre beste Leistung in Sand oder Matsch. Unsere Schneeketten an- und abzumachen, ist für die nur jeweils kurzen vereisten Strecken keine Alternative.

 

Nach dem Mittagessen dürfen wir wieder überbrücken, die Scheinwerfer wurden vergessen abzuschalten. Unser Computer bleibt kapriziös. Somit nur noch ein GPS, das wirklich funktioniert.

 

Der nächste Tag verläuft ruhig und wir lassen Krasnojarsk hinter uns. Eine erste Etappe liegt hinter uns.

 

Da wir nur noch sehr wenig Wasser haben, halten wir bei einem Art Brunnen mitten in einer Industriestadt an. Genau in diesem Moment gibt unsere Wasserpumpe den Geist auf und wir fahren unverrichteter Dinge weiter. Wir übernachten kurz vor Novosibirsk. Eine erste Ehe- und Mannschaftskrise bricht aus.

 

In den folgenden Tagen hält uns die Handbremse auf Trab. Bei kalten Temperaturen hat sie schon einige Male nicht einwandfrei funktioniert. An einem Morgen entweicht erst einmal eine grosse Menge Luft und dann blockiert die Bremse. Kochendes Wasser und klopfender Hammer lösen das Problem erst einmal. Einen Tag später, nach wenigen Kilometern Fahrt, erreicht uns der Geruch von verbranntem Gummi in der Fahrerkabine und die Leistung lässt nach. Die Bremse beim hinteren rechten Rad hat geklebt, das Rad hat sich massiv erhitzt und Öl ist ausgeflossen. Es muss Öl nachgefüllt werden.

 

Wir können weiterfahren, müssen aber regelmässig anhalten, um die Temperaturen der hinter Räder zu kontrollieren. Etwas später wiederholt sich das Problem. Diesmal beim hinteren linken Rad. Das Niveau des Öls muss nun auch regelmässig geprüft werden. Wir sind noch Tausende von Kilometern von der ukrainischen Grenze entfernt.

 

An einem Abend bei Minustemperaturen beschliesst Pierre, das Getriebeöl zu wechseln. Die Hölle. Am Schluss sind wir zu zweit eine Arbeit zu erledigen, die auch unter guten Konditionen besser von Professionellen ausgeführt werden sollte. Ein russischer Lkw-Fahrer erbarmt sich Pierres und bringt ihm ein Bier. Nach getaner Arbeit trinken die Herren das Bier in der wohltuenden Wärme unserer Wohnkabine. Eine sympathische und interessante Begegnung.

 

Nach der Hälfte der Strecke spuckt die Heizung der Wohnkabine und der Motor wird nicht richtig gut gekühlt. Das Frostschutzmittel hat sich scheinbar in Luft aufgelöst. Beide Reservoire sind leer. Auf der nun stark befahrenen trans-sibirischen Route ist es einfach Frostschutzmittel zu besorgen. Möglicherweise war einer der Hähne der Heizung nicht ganz korrekt eingestellt. Nun nach Einfüllen des Frostschutzmittels ist alles wieder gut.

 

Nach einer unruhigen Nacht fahren wir unter herrlich blauen Himmel weiter bis die Handbremse wieder Probleme macht. Diesmal muss sie links komplett entfernt werden. Theresa übernimmt den Job und wird so zur Teilhandbremse.

 

Wir queren den Ural bei Schneefall. Weil für die Nacht noch mehr Schnee angekündigt wird, gilt es trotz der schwierigen Strassenverhältnisse weiter zu fahren bis es dunkel wird. Angezogen sind wir in der Fahrerkabine wie draussen im tiefsten Winter und dennoch haben wir stets kalte Füsse. Die romantischen Tage am Baikalsee sind nur noch wehmütige Erinnerung. Die Anspannung gleicht einem straff über einen Abgrund gespannten Seil, auf welchem wir diesen queren müssen. Da ungeübt brauchen wir extrem viel Energie, um diesen Balanceakt zu bestehen.

Auf der europäischen Seite des Urals wird alles ruhiger. Das Wetter wird besser, wir übernachten wieder in Dörfern und haben einen kurzen Moment Zeit für Begegnungen mit netten Menschen.

De Irkutsk à la frontière ukrainienne 

La décision enfin prise de passer par l’Europe pour aller en Amérique nous arrivons dans la jolie ville d’Irkutsk. La première nuit nous pouvons rester sur un stationnement proche du fleuve en plein centre-ville avec un gardien juste pour nous. Le lendemain Pierre veut faire les changements d'huile des ponts et de la transmission et achète l'huile en conséquence. Il réussit à changer l'huile de pont mais un bouchon de vidange indévissable l'empêche de vidanger la transmission. En ce moment il constate une fuite d'huile importante de l’amortisseur avant droit. Nous partons à la recherche d’un garage Mercedes pour camion. 

 

Le lendemain au garage Mercedes la situation se complique. Pendant qu'ils recherchent un amortisseur, Pierre permute les roues et découvre un disque de frein endommagé. Malheureusement, ils ne peuvent trouver ni amortisseur, ni disque, ni entreprise pour tourner le disque. Ils n'ont même pas la bonne huile pour la transmission. Il faut dire que la communication est difficile. Heureusement que Julie, la comptable parlant bien français vient faire l’interprète de temps à autre.

Nous devons donc nous contenter d'une solution temporaire pour le frein endommagé et d'un bouchon de vidange maintenant dévissable.

 

Toutefois un malentendu nous fait revenir à l’atelier après avoir passé une nuit au très joli hostel Rolling Stones et avoir profiter d'un souper et des excellents croissants chez Benoît à la brasserie bbb. Une rencontre super sympa.

 

Et voilà que notre odyssée commence. Elle durera 16 jours en Russie seulement et nous laissera sérieusement découvrir nos limites. Nous parcourons presque 6000 km dans un pays hivernal avec un seul conducteur au volant et un seul mécanicien à bord, les deux en la personne de Pierre.

 

L’après-midi donc, nous quittons Irkutsk énervé et avec un Ursul non au top de sa forme. Notre première nuit en route à 990 km de Krasnojarsk nous introduit à la réalité des chauffeurs de camions sibériens. Des places de stationnement sur un terrain boueux proche de stations d’essences souvent avec un petit restaurant et surtout beaucoup d’autres camions. 

 

Pour arriver à temps à la frontière nous devons viser 500 km par jour, distance qu'on ne fait jamais. Le deuxième jour de route se passe définitivement mal. Vers 7 heures nous sentons la fumée dans la cabine et la voyons sortir du ventilateur/chauffage. Le feu a pris. Pierre réussi de s’arrêter au bord de la route et avec de l’eau et l’extincteur portatif d’éteindre le feu. L'examen indique le problème venant du circuit du ventilateur de chauffage bruyant qui a surchauffé. Le fusible est retiré et nous nettoyons du mieux que nous pouvons et nous sommes prêts à repartir. Sauf que le court-circuit à vider la batterie et le moteur ne démarre plus. Personne ne peut nous venir en aide mais en pontant les batteries du camion avec celles de la maison, on repart.

 

Pendants tout ce temps le jour s'est levé et les premiers flocons apparaissent. Comme nous n’avons plus de chauffage dans la cabine nous chauffons la cellule et laissons la porte ouvertes entre la cellule et la cabine. Le sèche-cheveux, branché sur le 230v de la cellule, devient notre nouveau dégivreur et le chauffe pied du conducteur. L’ordinateur avec les cartes a pris l’eau et ne fonctionne que partiellement. Après quelques heures d’arrêt nous repartons donc avec un Ursul encore un peu moins en forme. Quelques kilomètres plus loin un essuie-glace succombe à la lourdeur de la neige et brise. Heureusement il y a un en réserve et il peut vite être changé.

 

Après une nuit à côté d’un petit cimetière au début d’un village à 530 km de Krasnojarsk nous reprenons la route. Cette fois-ci elle est glacée. En haut d’une petite côte, les camions sont arrêtés. Qu’est ce qui se passe? Ils n’osent pas descendre la côte car au milieu de la remontée un grand camion a dérapé et bloque la moitié de la route. Pierre s’y lance quand même, il faut bien que nous avançons. Tout se passe très lentement mais bien. Quelques kilomètres plus loin c’est à nous de commencer à déraper.Nos pneus sont bons pour le sable et la boue mais pas la glace et il n'est pas pratique de mettre les chaînes à neige pour chaque tronçon verglacé.

 

Après le dîner le moteur refuse de démarrer, la batterie ayant été vidée par les phares restés allumés. La solution de la veille fonctionne heureusement. Notre ordinateur-GPS reste capricieux.  

 

Le lendemain tout se passe bien et nous laissons Krasnojarsk derrière nous. Une première étape de fait.

 

Nous n’avons que très peu d’eau et lorsque nous voyons une fontaine fonctionnelle dans une petite rue d’une ville industrielle nous nous arrêtons. Pas de chance juste à ce moment précis notre pompe à eau portative nous lâche et nous renonçons. Nous dormons proche de Novosibirsk.  Une première crise se manifeste dans la famille-équipage.

 

Dans les jours qui suivent, le frein à main, capricieux par temps froid cause quelques problème. D'abord, une grosse fuite d'air le matin nous empêche de partir. Eau bouillante et coups de marteau règlent le problème plus ou moins facilement mais en plus, un matin, après quelques kilomètres, un manque de puissance et une odeur de caoutchouc brûlé nous force à arrêter. Un des freins est resté un peu collé et la température a dangereusement monté dans la roue arrière droite. L'huile dans l'engrenage spécial de cette roue a coulé, il faut en rajouter.

 

Nous pouvons continuer en s'arrêtant régulièrement pour mesurer la température des roues arrières. Un peu plus tard, le même problème survient du côté gauche. Le niveau d'huile dans les roues doit être contrôlé régulièrement. Il fait froid et nous sommes encore des milliers de kilomètres de la frontière. 

 

Un autre soir, sur un stationnement pour camions Pierre se décide à vidanger l'huile de la transmission. Il fait une température en bas de zéro. C’est l’enfer pour lui. A la fin nous sommes deux à finir un travail qui devrait être fait par des professionnels et surtout dans des bonnes conditions. Un camionneur russe a pitié de Pierre et lui apporte une bière. Le travail fini, nous la dégustons ensemble dans la chaleur d'Ursul, une rencontre bien sympa.

 

Plus tard, après avoir dépassé la moitié du trajet, le chauffage dans la cellule fonctionne moins bien et le refroidissement du moteur également. Les deux réservoirs de liquide de solution antigel sont vidés. Heureusement, sur cette route trans-sibérienne maintenant assez achalandée, il est facile d'en trouver. Une erreur de manipulation des robinets de gestion du chauffage en est probablement la cause. Tout revient en ordre. 

 

Après une nuit peu reposante nous repartons le lendemain sous un ciel bleu. Et puis le frein à main fait encore défaut et doit être enlever définitivement à gauche. Theresa redevient le frein à main partiel.

 

La traversée de l'Oural se fait dans la neige mais nous devons continuer car ils en annoncent encore plus dans la nuit. Habillés comme des ours sans jamais pouvoir se réchauffé les pieds, l'équipage reste sous tension et nous regrettons la période romantique du lac Baïkal.

 

Du côté européen de l'Oural, la météo s'améliore et tout redevient plus normal. Les dernières nuits sont passées dans des villages avec des gens aimables.