Ecuador

14.2.2019 -



Der Vulkan Cotopaxi (5897 m) - Le volcan Cotopaxi (5897 m)


Reise in Bildern - Voyage en images


Momentaufnahmen - Petites histoires

Primo piatti
Am 14. Februar treffen wir in Ecuador ein. In der Grenzstadt Tulcan empfiehlt uns die Movistar Mitarbeiterin den Friedhof zu besuchen. Pierre wagt zwar nur einige wenige Schritte hinein, da sein verstauchter Fuss schmerzt. Ich spaziere und staune. Zypressen in allen Grössen und Formen entlocken mir Begeisterungslaute. Ein Kunstwerk nach dem anderen und mittendrin Gräber, Trauernde, Arbeiter, Verliebte und Besucher.

Für die Weiterfahrt entscheiden wir uns für die alte Panamericana. Heute ist sie eine Piste und schon bald finden wir einen Nachtplatz in der Natur. Am nächsten Morgen begrüsst uns der Cayambe aus der Ferne. Er zeigt uns nicht neckisch die eine oder andere Schulter, wie dies meistens der Fall ist, sondern enthüllt sogar sein Gesicht für uns. Ein herrlicher Morgen mit strahlend blauem Himmel verheisst uns eine schöne Fahrt durch den Páramo.

Plötzlich sehen wir ein Tier auf der Strasse hin und her rennen.  Etwas weiter stehen zwei Männer neben einem Motorrad und beobachten es. Wir sind uns noch am Überlegen, um was es sich hier wohl handle, als es die Flucht ergreift. Vielleicht war es ein Fuchs oder ...

Bei unserer Ankunft beim Parkplatz des Naturreservats El Angel werden wir von vier jungen Leuten herzlich willkommen geheissen. Sie studieren Ökotourismus in Tulcan und absolvieren ein einwöchiges Praktikum hier. Alex, einer der beiden Männer mit dem Motorrad, fragt uns, ob wir wüssten, was für ein Tier wir gesehen hätten? Uns ist doch tatsächlich ein Páramo-Wolf begegnet. Obwohl ihr Heulen öfters gehört wird, sie sichtbare Spuren hinterlassen, bekommt der Mensch diese Wölfe nur selten zu sehen (Foto von einer Infotafel).

Alex, Gabriela, Karina und Harold laden uns zu einer Wanderung zur Laguna ein. Pierre zögert erst und beschliesst dann mit Stöcken den Versuch zu wagen. Der Weg ist gut und so breitet sich schon bald die Laguna vor uns aus. Einer Legende zufolge zeigt sie sich nur den Menschen, die eine positive Energie mitbringen. Wir verstehen uns alle so gut, dass wir beschliessen gemeinsam zu essen. Die Minestrone und das Fondue aus der Schweiz munden. Jedoch der Risotto ist kein Genuss. Ob es wohl am spanischen Risottoreis oder an der Köchin liegt? Na ja auch die besten Köche der Welt versalzen mal die Suppe. Hauptsache das Zusammensein macht Spass.

Am nächsten Morgen laden sie uns zum Frühstück ein, beschenken uns zum Abschied mit Teekräutern aus dem Páramo und Kochbananen.

Wir hätten uns keinen besseren, herzlicheren und schöneren Beginn unserer Reise in Ecuador wünschen können.

Primo piatti
Le 14 février nous traversons la frontière entre la Colombie et l’Equateur. Dans la ville frontalière nous achetons nos cartes sim et la collaboratrice de Movistar nous conseille de visiter le cimetière. Pierre n’ose pas vraiment en faire le tour, car l’entorse à son pied gauche lui fait mal. Alors je me promène toute seule et je découvre un véritable bijoux. Des cyprès sculptées partout, de vrais oeuvres d’art qui s’alignent autour des tombes. Les travailleurs avec leurs grands ciseaux les taillent sans cesse. Un lieu qui invitent même les amoureux à y passer du temps.

Nous continuons notre chemin sur l’ancienne Panaméricaine redevenue piste. Comme il est déjà tard nous nous trouvons une place de nuit en pleine nature. Le lendemain matin sous un ciel bleu nous apercevons le Cayambe enneigé loin à l’horizon. Un miracle, car d’habitude il ne montre qu’une épaule ou l’autre, mais rarement son corps en entier selon certains Équatoriens qui le comparent à une jolie femme capricieuse.

En route, nous voyons soudainement un animal se diriger vers nous. Deux hommes avec une moto l’observent également. Coincé entre les deux groupes d’observateurs ils se décide pour la fuite dans le Páramo sans que nous arrivons à savoir si c’est un renard ou ….

Arrivés au stationnement de la réserve naturelle El Angel quatre jeunes nous attendent et nous invitent à faire une promenade jusqu’à la Laguna. Pierre hésite et puis avec deux bâtons d’appui décide de se joindre à nous. Alex, Gabriela, Karina et Harold sont des étudiants en éco-tourisme de Tulcan qui passent une semaine de stage dans la réserve. Le chemin est bien aménagé et après une demi-heure nous voyons la Laguna. Comme Gabriela nous explique, selon une légende elle se montre seulement à ceux qui ont une bonne énergie.

Axel, un des deux hommes avec la moto, nous demande si nous avions reconnu l’animal rencontré sur la route? Nous avons vu un loup du Páramo. Les gens les entendent hurler souvent, aperçoivent leurs traces mais il est rare de les voir de si proche (la photo provient d’un panneau d’information).

Comme nous nous entendons super bien les six nous décidons de rester pour la nuit et de manger ensemble. Une minestrone et une fondue suisse satisfont leur curiosité et leur palais.

Le lendemain ils nous invitent pour le petit déjeuner, nous offrent des bananes plantain et des herbes à thé comme cadeaux d’adieu. Une belle rencontre.

Notre voyage en Équateur ne peut pas commencer sous une meilleure étoile.


41 ans plus tard
J'avais 19 ans en 1977 quand j'ai séjourné la première fois dans la famille de Rogelio. Étudiant en agriculture, j'ai été comblé à battre les pois secs, à travailler les patates et à apporter le bidon de lait au chemin avec Miguel, le cheval. De tous les endroits visités alors, c'est ici que je m'étais senti le mieux. De tous ceux que j'aimerais retrouver 41 ans plus tard, Rogelio et Rosita ainsi que leurs enfants, sont en tête de liste. Mais ils peut s'en passer des choses en 41 ans, vivent-ils encore ? Et comment les retrouver ?

Je me souvenais qu'ils vivaient en face du volcan Cayambe, à côté d'un ruisseau dont l'eau venait du glacier, c'était froid pour se laver. L'adresse, dans le journal de bord de l'époque que je traîne avec moi, indique « Hacienda Muyurko ». Sur Open Street Map, Muyurku est maintenant un hameau entre Cayambe et Olmedo. Situé en face du majestueux Cayambe, l'eau du glacier ne peut y venir naturellement mais on voit bien le tracé du canal qui irrigue la région avec l'eau du glacier. Ça doit être là.

On s'y dirige et on s'arrête à une première ferme, avec un peu de chance, ils doivent se souvenir. De la vieille machinerie agricole traîne ici et là. A l'époque, Rogelio était « tractorista » pour une coopérative locale, il aimait la machinerie. Et sur un poteau, je vois un RF peint en rouge, Rogelio Farinango, je brûle...

J'entre, je crie, et deux enfants apparaissent. Je m'informe sur la famille Farinango et ils semblent ignorer, déception... On monte un peu plus haut, le paysage correspond à mes souvenirs mais pas de ferme par ici. On redescend pour s'informer à un voisin de la première ferme. Bingo : Rogelio (81 ans) et Rosita (78 ans) vivent bien toujours sur la ferme « RF ». Une de leur fille, Janeth, qui n'était pas encore née à l'époque s'y est aussi construit une maison, ce sont ses enfants que j'ai rencontré. Rogelio et Rosita sont partis à la foire de Cayambe et devraient bientôt revenir. On installe donc Ursul à côté en attendant. Je pars marcher les alentours et les vieilles images reviennent à ma mémoire. En revenant à la ferme, j’aperçois un pick-up qui n'y était pas. Je m'annonce et Rosita apparaît, suivie de Rogelio. Je retrouve ma deuxième famille après 41 ans. Rogelio se souvient bien de mon nom, il est aussi ému que moi.

On s'embrasse, on se raconte. Theresa se joint à nous et ils nous servent une bonne truite. La cuisine de Rosita m'avait comblée à l'époque, aussi variée que les aliments produits sur la ferme. 41 ans plus tard, leur ferme et leur vie a bien évolué et malgré leur âge, ils s'en occupent toujours. Une petite machine à traire facilite la traite dont un employé s'occupe. Le camion vient maintenant chercher le lait à la ferme et les récoltes sont souvent vendues. Moins d'autosuffisance et plus de commerce, l'évolution normale de l'agriculture.

Le lendemain matin, on rencontre Janeth. La seule enfant que je n'avais pas connu, elle me connaît pour avoir entendu parler de moi. À la demande de sa mère, elle avait même fait une recherche sur facebook pour me retrouver sans succès. Elle nous convainc de rester une journée de plus. Ensemble, on part en ville s'approvisionner pour un Bar-B-Q qui réunira la famille ce samedi soir.

Le dimanche matin, une bonne partie de la famille est encore là. Patricio qui avait 7 ans à l’époque travaille aujourd'hui en agriculture. Sylvia, qui était bébé, berce maintenant son deuxième; elle est ingénieure agronome. Janeth est policière. Si Rogelio et Rosita ont une vie qui n'a pas tellement changée, leurs enfants, eux, ont une vie qui ressemble plus à la nôtre.  On continue à manger et je réapprend à jouer au « Quaranta » que j'avais appris à l'époque. Que du bonheur mais laissons parler les photos.

41 Jahre später
Ich war 19 Jahre alt, als ich 1977 zum ersten Mal bei der Familie von Rogelio weilte. Als Student der Landwirtschaft war ich zufrieden die getrockneten Erbsen zu schlagen, um sie von ihrer Schale zu lösen, bei der Kartoffelernte zu helfen und jeden Morgen mit dem Pferd Miguel, die Milchkanne zur Strasse zu bringen. Von allen Orten, die ich während meiner Reise besucht habe, fühlte ich mich hier am wohlsten. So sind Rogelio, Rosita und ihre Kinder, die Menschen, die ich nach 41 Jahren unbedingt wieder sehen möchte. Aber in einer solch langen Zeit kann vieles passieren, und ob ich sie überhaupt wieder finde, ist nicht sicher.

Ich erinnere mich, dass sie gegenüber des Vulkans Cayambe wohnten in der Nähe eines Baches. Das Gletscherwasser war echt kalt, um sich zu waschen. In meinem Tagebuch von damals, dass ich auf unsere Reise durch Südamerika mitgebracht habe, steht der Name des Bauernhofs „Hacienda Muyurko“. Auf Open Street Map gibt es heute einen Weiler mit gleichem Namen. Er liegt zwischen der Stadt Cayambe und Olmedo an einem kleinen Kanal, der das Wasser vom Gletscher des prächtigen Cayambe führt und zur Bewässerung der Felder genutzt wird. Da muss es wohl sein.

Wir fahren dorthin, halten bei einem ersten Bauernhof an. Vielleicht habe ich Glück und die wissen, wo die Familie jetzt ist. Rund um die Häuser stehen mehrere verrostete Landwirtschaftsmaschinen. Damals war Rogelio „tractorista“ für eine Kooperative in der Gegend. Er mochte seine Maschinen sehr. Auf einem Pfosten sind die Initialen RF in Rot gemalt für Rogelio Farinango. Habe ich sie tatsächlich gefunden?

Ich gehe in den Hof vor den Häusern und rufe, ob jemand da sei. Zwei Kinder erscheinen, die auf meine Frage, ob hier die Familie Farinango wohne, mit Kopfschütteln antworten. Ich bin enttäuscht, gebe aber noch nicht auf. Wir fahren noch etwas den Berg rauf. Obwohl mir die Umgebung bekannt vorkommt, finden wir keinen weiteren Bauernhof. Wir halten weiter unten bei den Nachbarn des ersten Bauernhofes an und ich erkundige mich bei diesen Leuten. Bingo: Rogelio (81 Jahre alt) und Rosita (78 Jahre alt) leben tatsächlich noch immer in dem mit RF angeschriebenem Hof. Janeth, die jüngste Tochter, die damals noch nicht auf der Welt war, hat sich ein schönes Haus auf dem gleichen Land gebaut. Ihre Kinder habe ich angetroffen. Rogelio und Rosita sind zum Markt in Cayambe gefahren und sollten bald zurückkommen. Die Wartezeit verbringe ich mit einem Spaziergang und hänge in Gedanken den schönen Erinnerungen nach. Bei meiner Rückkehr entdecke ich einen alten Pick-up, der vorher nicht da war. Ich gehe zu ihrem Haus und Rosita gefolgt von Rogelio kommen heraus. Nach 41 Jahren finde ich meine zweite Familie wieder. Rogelio erinnert sich an meinen Namen und ist ebenso gerührt wie ich über unser Wiedertreffen. Wir umarmen uns und das Erzählen nimmt seinen Lauf.

Theresa gesellt sich zu uns und wir werden mit einer feinen Forelle verköstigt. Das Essen von Rosita war schon damals köstlich und variantenreich wie ihre eigenen Produkte. Nach 41 Jahren haben sich der Hof und ihr Leben gut entwickelt. Trotz ihres relativ hohen Alters arbeiten sie immer noch. Heute werden die Kühe mittels einer kleinen Melkmaschine von einem Mitarbeiter gemelkt und die Ernte wird oft verkauft. Weniger Selbstversorgung mehr Handel heute. Die normale Weiterentwicklung eines Landwirtschaftsbetriebes.

Am nächsten Morgen trifft Janeth ein. Das einzige Kind der Familie, das ich nicht kenne. Sie hingegen kennt mich aus den Erzählungen ihrer Eltern. Ihre Mutter hat sie sogar gebeten, mich auf Facebook zu suchen. Diesem Unterfangen war kein Erfolg beschert. Janeth überzeugt uns, einen Tag länger zu bleiben. Gemeinsam gehen wir in der Stadt einkaufen. Heute Samstagabend wird beim Grillen mit der Familie gefeiert. (Anmerkung von Theresa: Die Würste werden nun wie unsere Cervelas zugeschnitten.)

Am Sonntagmorgen sind noch einige der Familie da. Patricio, damals ganze 7 Jahre alt, arbeitet in der Landwirtschaft. Sylvia, die damals ein Baby war, hat vor wenigen Wochen ihr zweites Kind geboren und ist Agronomin. Janeth ist Polizistin. Das Leben von Rogelio und Rosita scheint sich nicht sehr verändert zu haben. Dasjenige der Kinder ist jedoch vergleichbar mit dem Unsrigen. Wir essen gemeinsam und ich lerne erneut „Quaranta“ zu spielen. Ein Moment grossen Glücks.


Piste - La piste

Piñan

Raconté du point de vue de Pierre

 

Après un réchauffement par l'ancienne route traversant la réserve écologique El Angel, on s'attaque à la traversée de la plus grande réserve écologique Cotacachi-Cayapas. On quitte la vallée de la rivière Mira, alors à 1000m d'altitude pour grimper vers le village de Buenos Aires situé à 2300m. Comme la région abrite des mines d'or illégales, les contrôles policiers et militaires sont anormalement nombreux mais toujours sympathiques. Ce village nous fait un drôle d'effet et on a aucune envie de s'y attarder. La piste qui continue à grimper vers la communauté autochtone de Piñan devient de plus en plus mauvaise, vite compensé par une nature de plus en plus sauvage à l'intérieur de la réserve où on passe une première nuit dans la solitude à 3600m.

On continue en solitaire par la piste parfois boueuse en croisant quelques vaches dans un décor qui rappelle l'Asie centrale. Quand Piñan apparaît, nous découvrons le village probablement le plus rustique jamais rencontré, et pourtant, on en a vu...

Teresa (sans h), nous accueille. Travaillant pour l'association touristique communautaire, elle nous offre de nous installer dans la cour de l'école. Après avoir cassé la croûte, on entreprend, parfois sous la pluie, la randonnée vers la Laguna de Piñan, première attraction de cette réserve naturelle.

Revenu au village, le mari de Teresa nous prévient de la nature « coulante » de la terre noire volcanique locale. Vite vérifié lorsqu'en allant me promener, je me retrouve sur le ... Ça promet pour le retour du lendemain.

Au matin du lendemain, la nuit assez sèche a permit à la piste de sécher et on peut, sans les chaînes, entreprendre la piste parcourue la veille. Les passages boueux se passent bien jusqu'à ce qu'un éboulement de terrain nous oblige à passer plus près du précipice. Soudainement, la roue avant droite s'enfonce dans cette terre noire rendue plus molle par la pluie, le tout n’étant retenu que par quelques arbustes. Theresa se retrouve au-dessus du ravin, le regard sur le fond de la vallée 200m plus bas.

On en est à chercher une solution lorsqu’apparaît en sens inverse, une Toyota 4X4. Évidemment, on l'empêche de continuer. Pedro, nous assiste et à l'aide des plaques de désensablement, on essaie de reculer. Ça marche un peu jusqu'à ce que la roue arrière droite s'enfonce à son tour et se rapproche du ravin.  Ursul tient bon mais le moindre mouvement peut le faire basculer au fond du ravin. La photographe n'a pu, vous comprendrez et pardonnerez, prendre la photo du siècle d'Ursul au dessus du vide.

Pedro, tout comme Pierre, a perdu sa confiance, il a souvent conduit des camions sur cette piste et connaît le danger. Il nous offre d'aller chercher du renfort au village. Il n'y a la-bas aucune machinerie utile, mais les bras supplémentaires peuvent faire la différence. Il faut d'abord aplanir le glissement de terrain pour que Pedro puisse passer à côté de nous.

En attendant les renforts, je commence à creuser un canal sous les roues gauches. Lorsque les deux roues gauches seront dans ce canal profond de 30cm, Ursul retrouvera son applomb. Avec les deux roues gauches dans le canal, Ursul a beaucoup moins de risque de glisser vers le ravin. Il reste un troisième problème à régler: les deux roues droites sont extrêmement proches du ravin, et devant comme derrière, le terrain est encore moins stable. Essayez de visualiser la situation. On ne peut pas avancer. On peut reculer seulement à la condition d’éloigner la roue arrière du ravin. Utiliser le volant pour tasser le derrière vers la gauche, tassera le devant vers la droite, impensable. Ce canal doit donc être creusé de sorte qu’il forcera Ursul à s’éloigner du ravin sans utiliser le volant.

Les renforts arrivent un par un, certains à moto, la plupart à pied. Des femmes et des jeunes hommes surtout, armés parfois de pelles, surtout de pioches. Ainsi, le canal sous les roues gauches se termine plus vite malgré la pluie qui reprend de plus belle. On attache ensuite deux câbles au châssis du camion à gauche qu'on fait passer au-dessus du toit. Deux groupes tiendront chaque câble pendant que je reculerai afin d'éviter le basculement. Finalement, Pedro maintiendra la porte du conducteur ouverte pendant la manœuvre afin que je puisse sauter si jamais Ursul décidait malgré tout d'aller visiter le ravin.

La manœuvre s'effectue par étape. D'abord, sortir les roues droites de leur trou respectif, les roues gauches étant maintenant dans le canal, le pire est alors derrière nous. On bouche le trou arrière droit et on recule encore, coup de théâtre: la porte du conducteur accroche la terre du glissement de terrain et failli s’arracher. Finalement le dommage est mineur et on réussit enfin à reculer en lieu sur. Comme la photographe mettait toute son énergie à tirer un des deux câbles, peu de photos de la manœuvre, désolés.

Pendant qu'on range le matériel, les volontaires terminent d'aplanir le glissement de terrain de sorte que plus personne n'aura à passer si proche du précipice, du moins, jusqu'à la prochaine grosse pluie...

Une fois tout le monde payé, on reprend la route jusqu'à la prochaine place de stationnement sécuritaire. On peut alors dîner en paix. Comme la pluie a rendu la piste plus glissante, on décide d'attendre au lendemain pour continuer. On profite d'une accalmie pour installer les chaînes aux roues arrières.

La nuit a été assez sèche de sorte qu'on puisse repartir confiant. On termine la partie déjà connue de la piste avant de poursuivre la traversée vers Urcuqui. La région est sauvage et depuis le départ de nos samaritains, on n'a pas aperçu personne. L'état de la piste nous donne l'explication, selon moi, la pire qu'on a fait en 4 ans : boue, ornière, passage étroits au-dessus du vide et ponts peu recommandables. Mais partout Ursul s'en tire bien et en redescendant de l'autre côté du col à 4000m, la piste s'assèche et la tension s'abaisse lorsqu'on croise un premier humain, un Londonien en vacance qui amorce la traversée à vélo. On est tellement content qu'on l'invite à dîner. De raconter notre histoire aide à évacuer la tension, le bain thermal de Chachimbiro en fin de journée tout autant.

Piñan

Erzählt aus der Perspektive von Theresa

Wir wollen in den nächsten Tagen das grösste Naturreservat in Ecuador, Cotacachi-Cayapas, auf einer Piste queren. Nach dem Verlassen des Flusstales Mira (1000 m) steigt die Piste stetig an bis zum Dorf Buenos Aires, das auf 2300 m liegt. In dieser Region wird illegal Gold geschürft. Deshalb ist es nicht verwunderlich, dass es zu Beginn sowohl Polizei- als auch Militärkontrollen gibt. Es ist Markttag in Buenos Aires und für das Durchfahren des Dorfes muss ein Dollar bezahlt werden. Die Atmosphäre hier hat etwas Dunkles und Schweres. Wir verlassen Buenos Aires so rasch als möglich wieder.

Weiter geht es den Berg hoch dem Dorf Piñan entgegen. Die Piste wird stets schlechter. Doch die Schönheit der immer wilder werdenden Natur entschädigt für die heftige Schauklerei. Unsere erste Nacht verbringen wir auf 3600 m in absoluter Einsamkeit.

Am nächsten Morgen fahren wir auf der öfters schlammigen Piste weiter. Nur gerade einige Kühe bekommen wir zu Gesicht in der nun an Zentralasien erinnernden Landschaft. Piñan überrascht uns. Ein kleines Dorf, dass ursprünglicher nicht sein könnte.

Teresa (ohne h) empfängt uns. Sie arbeitet für den Touristenverband der kleinen Gemeinde und bietet uns einen Platz für Ursul auf dem Schulgelände an. Nach dem Mittagessen wandern wir zu der Laguna de Piñan.

Zurück im Dorf treffen wir den Ehemann von Teresa an. Er erklärt uns, dass die nur in dieser Gegend vorkommende schwarze Erde bei Regen extrem glitschig wird. Pierre überprüft diese Aussage persönlich, gleitet aus und liegt flach am Boden. Na ja ganz so einfach wird die Rückfahrt wohl nicht, wenn es weiter so regnet.

Am nächsten Morgen hat der Regen aufgehört und wir sehen, dass die Piste bereits angetrocknet ist. Somit entscheiden wir, keine Ketten an die Hinterräder zu montieren. Die besonders kritische Passage von gestern fordert Ursul nicht wirklich heraus. Wir atmen auf. Die Stelle mit dem kleinen Erdrutsch haben wir gestern auch gut gemeistert, obwohl der Platz für die Durchfahrt nur knapp reicht.

Plötzlich steht Ursul still. Glaubt mir, das Erlebnis zwischen Pierre und mir ist ein ganz anderes, obwohl nur ein Meter zwischen uns liegt. Er schaut auf die Strasse und ich in die Tiefe. Pierre steigt sofort aus und schaut sich die Situation an. Ich sehe nur Gebüsch und ca. 200 m weiter unten eine Fläche, dazwischen ein steiler Abhang. Ein Aussteigen auf meiner Seite ist nicht möglich. Ich kraxle über den Sitz von Pierre so rasch als möglich. Nur noch raus schreit es in mir. Mein Herz schlägt wie verrückt, ich stehe unter Schock, einige Zentimeter weiter und wir wären samt Ursul in die Tiefe gestürzt. Übrigens habe ich in dieser Situation die Existenz meines Fotoapparates völlig vergessen und es gibt somit keine Aufnahmen von dieser ersten Phase.

Tatsächlich wird das vordere rechte Rad nur noch von einem Gebüsch und von der Strasse weg gedrängter weicher Erde gehalten. Schrecklich, doch bin ich erst einmal dankbar, dass wir beide noch leben. Pierre macht sich sofort daran eine Lösung zu finden und drückt mir meinen Fotoapparat in die Hände. Ich marschiere hin und her, um mich etwas zu beruhigen. Nun werden hinter drei der vier Räder Sandbleche gelegt. Genau in diesem Moment hält ein Auto aus der Gegenrichtung kommend an. Ein erstes kleines Wunder. Pedro, der Fahrer, kennt die Piste gut und hat sie auch schon mit LKWs befahren. Er meint, die Lösung von Pierre sei ok und er solle langsam rückwärts rausfahren. Wenn das nur gut geht. Ich will ja nicht dramatisieren, aber dies war einer der schrecklichsten Momente meines Lebens.

Nach wenigen Zentimetern rutscht das hintere rechte Rad ebenfalls ab. Nun neigt Ursul noch mehr dem steilen Abhang zu. Ich schreie. Pierre, ohne mich zu hören, stoppt den Motor sofort. Pedro und Pierre sind einer Meinung, ohne Hilfe kann Ursul nicht aus seiner misslichen und gefährlichen Lage befreit werden. Grosse Maschinen gibt es hier am Ende der Welt nicht. Pedro schlägt vor, menschliche Hilfe im Dorf Piñan zu holen. Doch muss erst der Erdrutsch so bearbeitet werden, dass er mit seinem Wagen überhaupt darüber fahren kann. Gut haben wir eine Schaufel dabei.

Der Nebel wird dichter und ein Nieselregen setzt ein. Für Pierre ist es unmöglich ohne etwas zu tun auf die Hilfe zu warten. Unverzüglich macht er sich an die Arbeit. Er beginnt einen Graben von ca. 30 cm Tiefe unter die linken Räder zu graben. Nur stehen die Räder nun teilweise auf den Blechen. Also kriecht er unter Ursul und hebt das hintere linke Rad mittels Wagenheber Zentimeter um Zentimeter an, befreit das Blech und gräbt weiter. Das Risiko ist hoch, dass bei einer falschen Bewegung, Ursul weiter abgleitet und so nebenbei Pierre erdrückt, der darunter liegt. Ich weiss, ich kann ihn nicht davon abhalten, doch ihm zuzusehen braucht unendlich viel Energie. In diesem Moment bin ich bereit Ursul loszulassen, wenn nur Pierre überlebt. Ich beginne zu überlegen, was wir unbedingt brauchen, falls Ursul in die Tiefe stürzt. Es ist unmöglich zu diesem Zeitpunkt hinten rein zu kommen. Also bitte ich Pierre wenigstens sein Geld und die Fotokopien unserer Pässe aus der Fahrerkabine zu holen. Diese Zwischenphase nimmt zum Glück ein gutes Ende.

Langsam tröpfeln junge Männer und Frauen von Piñan kommend ein. Einige wenige haben ein Motorrad, doch die meisten unter ihnen sind zu Fuss unterwegs. Sie bringen Schaufeln, Hacken und dünne Seile mit. Auch Pedro kommt zurück. Nachdem er seinen Wagen wieder auf der andern Seite angehalten hat, managen die beiden Männer, Pedro und Pierre, die weiteren Vorbereitungsarbeiten für die Rettungsaktion von Ursul. Der bereits von Pierre angefangene Graben wird um einige Meter verlängert, denn das Steuerrad kann beim Rückwärtsfahren nicht bewegt werden. Der Graben führt erst einmal dazu, dass Ursul wieder etwas gerader steht. Dann muss er die beiden linken Räder zwingen, genau in dieser Spur zu bleiben und dadurch ein weiteres Abgleiten verunmöglichen. Am Ende dieser Aktion sollen alle vier Räder wieder auf festem Boden stehen. Die Frauen insistieren, Seile an Ursul zu befestigen und so mit menschlicher Kraft das Ganze noch zu unterstützen.

Es regnet ohne Unterlass. Pierre steigt ein, lässt den Motor an, Pedro hält den an der Türe befestigten Schal fest, um diese offen zu halten und 18 Leute ziehen mit schon fast übermenschlicher Kraft an den beiden Seilen. Pedro brüllt Pierre noch ein letztes Mal zu, er solle unbedingt bei der kleinsten Bewegung von Ursul in die falsche Richtung rausspringen. Pierre gibt Gas und Ursul rollt Zentimeter um Zentimeter rückwärts. Sobald das hintere rechte Rad auf festem Boden ist, wird das Loch mit Erde zugeschüttet, damit das vordere rechte Rad nicht rein fährt. Pierre steigt ein und fährt wiederum Zentimeter um Zentimeter rückwärts. Alle glauben schon, dass es klappt, als ein lauter Knall ertönt. Die offene Fahrertüre ist mit einem Teil des Erdrutsches kollidiert. Ein Aufschrei geht durch die Helfer und Helferinnen. Pierre muss nach vorne fahren, um die beschädigte Türe halbwegs schliessen zu können. Ganz langsam fährt er wieder rückwärts und nach bangen Minuten/Sekunden stehen alle vier Räder von Ursul wieder auf sicherem Gelände. Unsere Helfer und Helferinnen graben nun noch einen grossen Teil des Erdrutsches weg und schütten die entstandenen Löcher und Gräben zu. Ihre Arbeit endet im Moment, wo Ursul auf der andern Seite des Erdrutsches steht.

Gerne entlöhnen wir sie für ihre unglaublich wertvolle Hilfe, denn ohne diese 17 Menschen aus dem kleinen Dorf Piñan am Ende der Welt und Pedro hätten wir es nicht geschafft.

Nach diesem Erlebnis fahren wir nicht mehr weit. Während der Regen kurz Atem holt. montieren wir an den hinteren Rädern Ketten für die Weiterfahrt am nächsten Tag. Wir begegnen keinen weiteren Menschen, bis wir für das Mittagessen am nächsten Tag anhalten.

In der Nacht beruhigt sich der Regen und wir fahren zuversichtlich weiter. Den ersten Teil auf unserem Weg nach Ucuqui kennen wir bereits und er beschert uns keine grossen Überraschungen. Doch der uns noch unbekannte Teil fordert uns Stück um Stück heraus: Gefährlich schmale Brücken, Schlammpassagen gefolgt von tiefen Furchen, enge an steilen Abhängen durchführende Stellen etc. Gemäss Pierre die schwierigste Piste, die wir in den letzten vier Jahren gefahren sind. Ich finde, unser Leben hat nie zuvor an so einem dünnen Faden gehangen.

Wir freuen uns richtig, als vor uns ein Fahrradfahrer auftaucht. Caspar ist aus London und erradelt Teile Südamerikas. Er geniesst das offerierte Mittagessen und hört sich unsere Geschichte an. Es tut uns gut, mit ihm darüber reden zu können. Wir werden ruhiger und am Abend lässt das warme Wasser im Thermalbad in Chachimbiro noch die letzten Anspannungen verfliegen. 


Fortsetzung folgt - A suivre ...