Colombia

16.11.2018 - 13.2.2019  



Neugierde ist vielleicht der Weisheit Wiege - La curiosité est peut-être le berceau de la sagesse


Reise in Bildern - Voyage en images


Páramo


Momentaufnahmen - Petites histoires

Einführung in den Dschungel 
Da Ursul mit drei Wochen Verspätung in Cartagena eintrifft, verbringen wir einen Teil der Wartezeit in Carpugana und Zapzurro an der Grenze zu Panama an der Karibikküste.

Heiss, feucht, grün, mächtige Bäume, bunte Vögel und Schmetterlinge sind die ersten Worte, die mir in den Sinn kommen, wenn ich an diesen zweiwöchigen Aufenthalt im Regenwald denke.

Keine Strasse führt in die beiden kleinen Dörfer. Entweder nimmt man das Boot von Turbo oder man fliegt von Medellin nach Acandi, von dort werden die Touristen mit dem Pferdefuhrwerk zum kleinen Hafen gebracht und von diesem aus mit einer Lancha (offenes kleines Motorboot) in ca. 20 - 30 Minuten nach Carpugana oder Zapzurro gefahren. Schon der Weg kann als kleines Abenteuer betrachtet werden. Insbesondere wenn die Wellen hoch sind, schlägt das Boot mit einem harten Knall auf das Wasser auf. Nichts für an Bequemlichkeit gewöhnte oder mit Rückenproblemen geplagte Menschen. Gut gehören wir nur zeitweise zu dieser Gruppe.

In Zapzurro etwas ausserhalb des Dorfes in der Herberge Paradies der Krabben (Canjeros) leben wir praktisch in der Hängematte. Inmitten von Krabben, Fröschen, Vögeln, Blumen, Fruchtbäumen, Gemüsesträuchern lesen wir und lauschen dem unendlichen Rollen der Wellen. Es ist heiss und feucht. Die stechendenden Insekten laben sich an meinem Blut trotz Insektenschutz. Kein Klima, das mein Herz höher schlagen lässt. Doch ertrage ich die Situation relativ gut, dank der Liebenswürdigkeit unserer Gastgeber, der Kreativität der Köchin und des schönen Gartens.

Kleine Wanderungen in beiden Dörfern durch den Dschungel lassen uns dieses dichte faszinierende und vielfältige Grün hautnah erfahren. Ich fühle mich dennoch auf eine eigenartige Art und Weise eingeengt in diesem Dickicht.

Introduction à la jungle 


Le premier bateau qui devait transporter Ursul en Colombie a été annulé. Ainsi il arrivera à Cartagena avec trois semaines de retard. Comment meubler ce temps d’attente?

Nous trouvons un coin de Colombie où Ursul ne peut pas aller car aucune route n'y mène. Les deux villages de Carpugana et Zapzurro se trouvent entre la jungle et la mer proche de la frontière avec Panama. Le voyage en avion de Cartagena à Acandi nous permet de passer une nuit à Medellin. Arrivé au minuscule aéroport de Acandi nous sommes amenés au port avec une sorte de calèche primitive. Une lancha (un petit bateau à moteur) conduit les visiteurs en 20 à 30 minutes à Carpugana ou Zapzurro. Lorsqu'une grosse vague frappe le devant du bateau, celui-ci essaie de rejoindre le ciel pour aussitôt s’abattre sur l’eau qui semble alors aussi dure que le béton. Ce voyage est une aventure en soit.



 

A Zapzurro nous passons quelques jours à l’auberge « Le paradis des crabes » à la périphérie du village. Il fait chaud et humide. Un climat auquel il n’est pas facile de s’adapter. Autant plus que les moustiques trouvent certainement la seul place sur notre corps que nous avons oublié de protéger. Toutefois la verdure variée, les arbres géants, les fleurs, les arbres fruitiers, les crabes, les oiseaux et les papillons colorés nous réjouissent. Nous passons beaucoup de temps dans le beau jardin en lisant et en écoutant les vagues de la mer. La famille nous accueille avec grande gentillesse et la jeune femme qui prépare nos repas sait réjouir nos palais.

 



Quelques randonnées nous permettent de découvrir cette magnifique nature de plus proche. Toutefois je me sens un peu coincée dans cette masse de végétation  souvent intransigeante.


Ursulnatour
Nach dem Hafenprozedere und dem Gasflaschenfüllenprozedere, das erste Prozedere glich einer langsamen Mühle und das zweite einer Aktion Glück gehabt, finden wir in der Sierra Nevada oberhalb von Minca einen perfekten Stellplatz. Obwohl wir von den Sandfliegen unentwegt attackiert werden, sitzen wir draussen und lassen unsere Blicke über die schöne Landschaft gleiten, schauen den Vögeln beim Nestbau zu und erhalten Besuch von zwei Eseln. Endlich lebt Ursulnatour wieder.

Ursulnatour


Notre cher compagnon sur quatre roues arrive finalement sain et sauf au port de Bahia proche de Cartagena. Pierre doit parcourir la ville de long et en large pour obtenir tous les papiers nécessaires à sa sortie du port. Enfin le 11 décembre nous partons en direction de la Sierra Nevada de Santa Marta. En route il faut trouver du gaz pour notre cuisine. A voir la façon dont ils remplissent notre bonbonne même un athée risque de devenir croyant et de prier pour que tout le monde s’en sorte vivant.


Arrivé finalement dans les plantations de café de la Sierra Nevada, en haut de Minca, on trouve une petite place de bivouac parfaite au sein d’une belle nature et nous nous installons dehors pour l'admirer. Même les attaques d’une armée de puces de sable ne réussit pas à teindre notre bonheur. Pierre s’exclame: « C’est ça ursulnatour ! ».


Affengebrüll
Es ist 5Uhr40, die Dämmerung ist gerade angebrochen im Nationalpark Tayrona in Kolumbien, als ein lautstarkes auf- und abschwellendes Gebrüll uns weckt. Die Affen begrüssen den neuen Tag. Die Fledermäuse sind beim Frühstücken. Zwischendurch hören wir das rhythmische Klopfen eines Spechtes. Das morgendliche Konzert wird ergänzt mit dem Zwitschern der Vögel und dem Klappern von Pferdehufen. Ein Morgen wie wir ihn lieben. Auf unserer Tageswanderung zu den Traumstränden des Nationalparks haben wir dann das grosse Glück einer Affenfamilie zu begegnen.

Le rugissement des singes


Il est ‪5h40‬ dans le parc national Tayrona lorsqu‘un chant fort et étrange nous réveille. Le bruit de branches d’arbres qui se cassent l’accompagne. Ce sont les singes qui souhaitent la bienvenue à la nouvelle journée. Autour de nous les chauves-souris et le pic-bois sont en train de déjeuner. Le concert des singes est accompagné de chant d’oiseaux et de bruit de sabots sur terre battue. Un matin à notre goût autant plus que nous avons la chance de rencontrer une famille de singes un peu plus tard lors de notre randonnée vers les plages de rêve du parc.



Missverständnis
Wir finden gleich an der Strasse ein kleines Stückchen Schatten für unsere Mittagspause. Etwa 100 Meter von uns entfernt sitzt ein Kolumbianer im Schatten eines Baumes und picknickt. Plötzlich steht er auf und bewegt sich wie ein Affe. Gleich danach biegt ein Polizeiauto um die Kurve. Aha das muss die kolumbianische Art sein, andere Personen vor der Polizei zu warnen, denke ich mir. Nun nicht gerade respektvoll, doch andere Kulturen andere Sitten.

Vor der Weiterfahrt stehe ich draussen und beobachte die Gegend. Der picknickende Mann kommt auf seinem Motorrad angefahren, hält an, redet in Spanisch auf mich ein und macht wieder diese komischen Gesten. Mi esposo habla bien espagnol, sage ich und rufe Pierre. Wir erfahren, dass im Baum gegenüber der Picknickstelle eine Familie Affen wohnt und er uns diese unbedingt zeigen möchte. Mit Hilfe von Pierre schildere ich meine ersten Gedanken, er lacht laut auf und meint nun hätte auch er eine Geschichte zu erzählen.

Un malentendu


Nous nous sommes installés au bord d’une petite route pour dîner. J’observe un homme qui pique-nique sous un grand arbre à une centaine de mètres de nous. Soudainement il se lève, se tourne vers moi et fait des gestes de singe. Quelques secondes plus tard une voiture de police tourne le coin à toute vitesse. Alors j'interprète les gestes de cet homme comme un avertissement de la police. Malgré le fait que la culture change d’un pays à l’autre je trouve cette action un peu dérangeante.

 



Après notre dîner je sors dehors et l’inconnu vient me voir sur sa moto. Dès qu’il a éteint le moteur il commence à me parler en Espagnol et répète sans cesse ces gestes curieux. « Un momento por favor me esposo habla bien espagnol ». J’appelle Pierre qui comprend vite que l’homme nous invite à aller découvrir la famille de singe qui vit dans les arbres en face de l'endroit où ce monsieur dîne souvent. A l’aide de Pierre je lui communique donc mes premières réflexions. Il éclate de rire et nous dit: « Maintenant moi aussi j’ai une bonne histoire à raconter ».



Horacio
Pierre hat auf Google Map  oberhalb Zapatoca einen schönen Garten entdeckt. Wir machen uns auf und fahren auf schmaler Piste den Hügel hoch. Tatsächlich tauchen an einem steilen Hang unzählige blühende Büsche auf. Zwischen Hühnerställen und dem Kompost parken wir Ursul. Ein Mann kommt uns ernsten Gesichtes entgegen. Pierre erklärt ihm unseren Wunsch den Garten zu besuchen. Horacio meint erst einmal dieser sei privat und nicht öffentlich. Doch nach kurzem Zögern lädt er uns zu einem Rundgang ein. In achtzehn Jahren hat er tatsächlich einen wunderschönen Ort erschaffen. Kein Baum, kein Strauch standen hier. Die Erde war tot. Seine Hühnerzucht und Eiproduktion sind Grundlage des Ganzen. Er kompostiert und verwendet diesen Kompost, um die Erde wieder nützlich zu machen für unzählige Zierpflanzen, verschiedenste Bäume und Blumen. Auch sein Kaffee wächst hier und wird hier getrocknet. Wir trinken einen Tinto zusammen und beim Verabschieden schenkt uns Horacio noch sein wunderbares Lächeln. Am Abend verfeinern wir unser Curry mit dem ersten Wasserapfel unseres Lebens.

Horacio


Pierre voit un jardin indiqué sur Google map. Il se trouve en haut du village Zapatoca et est rejoignable uniquement par une petite piste qui monte raide. Après une vieille pancarte à moitié effacée nous apercevons les premiers arbustes en fleurs. Encore quelques mètres et nous stationnons Ursul entre de grands poulaillers et un tas de compost. Un homme au visage sérieux observe notre arrivée. Lorsque Pierre lui explique que nous sommes venus visiter le jardin il est plus que surpris. En effet il s’agit de son jardin privé. Après un petit moment d’hésitation il nous invite de faire un tour avec lui. Il a acheté ce terrain sans aucun arbre il y a 18 ans. Aujourd’hui il s’agit d’un petit paradis sur terre. Des magnifiques arbres, des arbustes, des fleurs et des herbes pousse autour de sa petite maison. Il utilise le compost des poules pondeuses et des poulets d’élevage. Il cultive même son propre café et nous invite à boire un « tinto » avec lui. La première « pomme d’eau » qu’il nous offre affine le curry du soir. Une belle rencontre avec un homme passionné, persévérant et fort sympathique dans un jardin magnifique.


Diese Leere, die dein Leben erfüllt

So definiert Pierre meine Leidenschaft für raue, herb-schöne Landschaften. Das Ende des Jahres 2018 und der Beginn des Jahres 2019 feiern wir ganz alleine genau an einem solchen Ort. Wir haben das Gefühl die glücklichsten Menschen auf Erden zu sein.

Cet espèce de vide qui remplit ma vie


C’est la définition de Pierre pour ma passion des paysages austères que nous avons retrouvés pour le dernier jour de l'an 2018 et la première journée de 2019. Probablement la seule place en Colombie où nous n'entendons pas de musique. Les deux solitaires fêtent dans la solitude tout en se sentant les plus heureux du monde.



Nora
Ein schöner Platz gleich unterhalb eines Hauses mit wunderbarer Sicht auf die umliegenden Berge und Täler lädt zum Verweilen ein. Nora, die Bäuerin, erlaubt uns für eine Nacht hier zu bleiben. Sie besucht uns mit ihren Zwillingen, Maria und Isabella, ihrem Sohn Andre, ihrer Schwester und ihrer Cousine. Eine ruhige an harte Arbeit gewohnte junge Frau. Eine Schwester, die mein Herz berührt.

Am nächsten Morgen lädt sie uns in ihr Haus ein. Dieses ist im Vergleich zu den meisten Häusern in der Umgebung gross, muss aber dennoch ohne Isolation auskommen. Kein Luxus gibt es hier, nur das Allernötigste ist vorhanden. Mit einem grossen Sack Kartoffeln frisch von ihrem Feld wünscht sie uns eine gute Weiterreise. Wie schon öfters in unserem Nomadenleben sind wir beeindruckt von der Grosszügigkeit und Offenheit von Menschen, die in sehr bescheidenen Verhältnissen leben und, obwohl sie noch nie mit ausländischen Touristen in Kontakt gekommen sind, keine Berührungsängste haben.

Nora


Une place avec une vue splendide sur la vallée et les montagnes nous invite à y passer la nuit. Nora, la propriétaire, nous donne la permission d’y rester. Elle nous rend visite dans Ursul avec son fils aîné, Andre, ses deux jumelles, sa soeur et sa cousine. Une jeune femme calme qui travail dure. 



 

Le lendemain matin elle trait ses vaches et vient nous chercher pour visiter sa maison. Avec son sceau remplit de quelque litres de lait seulement et ses deux jumelles elle nous accompagne. « Espèces de fille », Pierre pense certainement, car toutes les filles sont habillées en rose. Elle nous fait visiter la cuisine ou il y a bien une cuisinière à gaz mais elle cuisine sur son four à bois car le gaz est cher. La maison n’est aucunement isolée et meublée avec un strict minimum. Pourtant pour nous souhaiter bon voyage elle nous sert un petit verre de vin maison et nous offre quelques kilos de patates de ses champs avec son beau sourire.



Macaravita
Ein schönes Panorama der höchsten mit Schnee und Gletschern bedeckten Berge Kolumbiens, die Sierra Nevada al Cocuy, präsentiert sich uns im Dorf Macaravita. Nach stundenlanger Pistenfahrt stellt sich uns die Frage, ob wir auf dem Platz vor der Kirche übernachten oder noch etwas weiter fahren sollen. Pierre macht sich auf die Suche von jemandem, der uns sagt, ob wir hier bleiben können.

Ein älterer Herr scheint die beste Ansprechperson zu sein. Sogleich nimmt Elogio Valderama Perez Pierre unter seine Fittiche, zeigt ihm, wo es Wasser gibt und stellt ihn dem jungen Pfarrer vor. Es wird viel diskutiert und erzählt.  Nach dem Besuch des Pfarrhauses gehen wir reich beschenkt mit Früchten und Biskuits zurück zum Ursul. Elogio will unbedingt unser Haus sehen und möchte ein Entgelt für seine Hilfe. Dieses gewähren wir ihm gerne in Form von Pesos. Er bedankt sich und eilt von dannen. Zehn Minuten später klopft es an unserer Tür. Elogio bringt uns Kartoffeln und verschiedene Früchte. Wir sind völlig überrascht und erfreut.

Es dunkelt langsam ein und der Laden gegenüber öffnet seine Tore. Die Dorfbewohner spazieren an uns vorbei, bleiben neugierig stehen und nach kurzem Zögern beginnen sie mit uns durch das geöffnete Fenster zu sprechen. Diese Kontaktaufnahme freut uns und wir laden sie ein, unser Haus zu besuchen. Dies gilt ebenfalls für die drei freundlichen Polizisten. Von diesen erfahren wir, dass das Gebiet drogenfrei ist, es seit zwölf Jahren keine Gewalttat mehr gab und seit 2003 hier der Friede eingekehrt ist. Pierre weiss bereits, dass es seit Juli 2018 offiziell als von Landminen frei gilt.

Unsere Einladung stösst auf so grosses Interesse, dass Ursul zeitweise ganz schön voll ist. Eine Frau bringt gleich noch ein traditionelles Gebäck mit, um sich zu bedanken und von der Lehrerin werden wir für den nächsten Tag zur Suppe eingeladen. Nach diesem kleinen Ansturm schliessen wir unsere Türen und verbringen eine ruhige Nacht mitten im Dorf.

Am nächsten Morgen holt uns Elogio mit Hunden und Schubkarre ab. Er will uns sein Haus zeigen. Wir folgen ihm steil den Berg hinunter. Stolz präsentierter er uns sein Zuhause. Obwohl chaotisch und aus unserer Sicht ärmlich, ist alles da, was der Mensch so braucht. Wir klettern den Berg wieder hoch und statten der Lehrerin und einer ihrer Töchter unseren Besuch ab. Da wir bereits gefrühstückt haben, lehnen wir die offerierte Suppe ab. Den aus gefrorenen Brombeeren (mora) und eigenem biologischen Honig zubereitete Saft nehmen wir jedoch gerne an. Er ist köstlich.

Macaravita


Après quelques heures de piste nous arrivons dans le petit village de Macaravita qui a une belle vue sur la Sierra Nevada del Cocuy. Nous pourrions bien passer une fois une nuit au plein centre du village, pensons nous. Aussitôt cette réflexion faite Pierre se met à la recherche d’une personne qui peut nous donner la permission de rester sur la « plaza » devant l’église.

 



Il voit un homme âgé qui semble travailler pour le village. Elogio Valderama Perez content de s’occuper de la demande de Pierre lui montre où nous pouvons prendre de l’eau et le présente au jeune curé du village. Une longue conversation s'en suit. Mes connaissances rudimentaires de la langue espagnole me permettent de ne la suivre qu’en partie. Une visite de la maison du curé qui nous offre en cadeau des fruits et des biscuits met fin à cette rencontre sympathique. Sauf qu'Elogio veut encore voir l’intérieur de notre maison et être rémunéré pour ces services. Nous lui offrons quelques pesos et il part tout à fait heureux. Quelques minutes plus tard il frappe à nouveau à notre porte et nous apporte des fruits et des patates. Nous sommes agréablement surpris de ce geste. 



 

Une fois Ursul installé pour la nuit nous ouvrons nos fenêtres grandement. La nuit tombe et en face le magasin ouvre ses portes. Les villageois se promènent, font leurs petits achats du soir et surtout nous observent. Et finalement ils nous approchent avec un grand sourire et nous posent pleins de questions. Nous les invitons alors à visiter notre maison. Ils apprécient ce geste et par moment notre salon ressemble à une boîte de sardines. Une Señora nous offre un gâteau pour nous remercier. Tout le monde est enchanté. L’enseignante nous invite à prendre la soupe le lendemain. 



 

Trois jeunes policiers nous rendent également visite. Ils nous assurent que la paix s’est installée dans la commune depuis 2003. Contrairement à la grande ville du coin, Bucaramanga, où les enfants sniffent de la colle, il n’y a pas de drogues dans le village. Internet nous apprend qu’il n’y a pas eu d’homicide depuis 12 ans et que la région est déclarée libre de mines anti-personnelles depuis le mois de juillet 2018.



 

Le lendemain matin Elogio Valderama Perez vient nous chercher avec ses chiens et sa brouette pour la visite de sa maison qui se trouve en bas de la côte. Malgré le fait que le chaos y règne et que tout semble un peu minable à nos yeux, un célibataire endurci peut facilement s'y sentir confortable. Elogio est fière de sa maison et nous offre un calendrier de 2003 représentant les églises du coin.

 



Nous remontons la côte et rendons visite à l’enseignante qui a la visite d’une de ses filles, diplômée d’université, vivant en ville. Comme nous avons déjà déjeuné nous refusons l’offre de la soupe. Elle nous prépare donc un jus de « mora », les mûres colombiennes, avec du miel bio de sa propre finca. « Rico », tout à fait délicieux.

 



Les habitants de Macaravita, peu habitués à recevoir des visiteurs, nous prient de dire au monde qu’ils existent bel et bien.



Fest der Gemeinde Macaravita
Schon am Vorabend werden wir mehrmals zum alljährlichen stattfindenden Gemeindefest eingeladen. Eigentlich wollen wir heute weiter zum Nationalpark El Cocuy. Doch die Dorfbewohner überzeugen uns, wenigstens ein Auge auf den Festplatz zu werfen.

Nach mehrmaligem Nachfragen, treffen wir in Bricha ein. Noch ist nicht viel los und so erkunden wir neugierig die Essensstände, geniessen die herrliche Aussicht und entdecken die kleine Käserei. Gerade wird die Milch der umliegenden Bauernhöfe angeliefert. Sie wird von den Bauern an den Strassenrand gestellt und in einen auf einem kleinen Lkw befestigten Tank oder grosse Milchkannen geleert. Die Milchmengen der einzelnen Bauernhöfe sind klein. Der Bauer mit den meisten Tieren besitzt insgesamt 30, Kälber und Rinder eingeschlossen. Wir kaufen Käse direkt von der Käserei ein.

Gleich nebenan sitzt eine fröhliche Runde an einem Tisch. Wir werden eingeladen. Nach dem ersten Bier ist klar, wir bleiben. Mein Spanisch ist rudimentär, dennoch kann ich im Grossen und Ganzen der Diskussion über Milchproduktion und - Qualität folgen.

Zurück beim Ursul werden wir von zwei Paaren angesprochen. Sie sind begeistert, dass wir Käse von ihrer Käserei eingekauft haben, und drehen gleich einen Werbefilm mit uns auf ihren Handys. Auf dem Weg zum Mittagessen werden wir vom Besitzer der Käserei und seiner Frau mit offiziellen Festponchos eingekleidet. Das typische Essen bestehend aus gebratener Ziegenleber und Ziegenfleisch, an langen Eisenstäben gebratenes Rindfleisch, Kartoffeln, Reis sowie Salat mundet. Mit aller Selbstverständlichkeit werden wir eingeladen. Nun erfahren wir, dass bald der  Karnevalumzug stattfindet. Pierre wird als Cowboy eingekleidet und marschiert mit. Ich lehne ab und mutiere zur Fotografin des Events. Die Superhelden sind übrigens die Ältesten der Gemeinde. Ein fröhlicher, bunter und kreativer Umzug, der in der kleinen Arena endet. Pierre hat Glück. Er wird von einer bildhübschen jungen Kolumbianerin in einen der kolumbianischen Tänze eingeführt.

Nach einer Ruhepause im Ursul essen wir eine Ecke feine Pizza und gesellen uns zu den in der Arena versammelten Menschen. Alle warten auf die berühmte Gruppe „Los Dotores de la Carranga. Musik, die ihre ländliche Realität widerspiegelt, gesungen und gespielt von fünf Männern vom Lande aus Santander del Norte. Die zwei Vorgruppen laden zum Tanze ein. Mein Tanzlehrer hat den Rhythmus im Blut. Ich beginne zu ahnen, weshalb die Kolumbianer so leidenschaftliche Tänzer sind. Der Auftritt der Stars beginnt mit einem Feuerwerk. Ab diesem Moment ist die Arena gefüllt mit tanzenden Menschen. Viele von ihnen tragen einen Hut, enge Jeans und den traditionellen Poncho aus Naturwolle. Wie in Trance bewegen sie sich zum Rhytmus der Musik. Faszination pur für uns.

 

Agradecemos sinceramente a nuestros compañeros y a la población de Macaravita para hacer sentirnos tan bienvenido.

La fête de la commune de Macaravita


Hier soir les gens du village nous ont souvent invité à participer à  la fête annuelle de leur commune qui se déroule dans la montagne à quelques kilomètres. Comme la piste qui y mène n'est qu'un joli petit détour, nous décidons d’y jeter un coup d’œil. 

Une fois arrivé à Bricha il n’a pas beaucoup d’activités.

 

Nous visitons les stands de nourriture et admirons le beau paysage lorsque la camionnette avec le lait des alentours arrive à la petite fromagerie. Curieux nous nous approchons. Le fromager n'est pas très jasant mais nous vend volontiers de son fromage. Comme nous avons vu tout au long de notre chemin les petits « bidons »de lait placés à côté de la route c’est une belle occasion de profiter sans intermédiaire de leur travail quotidien.



 

A côté de la fromagerie une bande de joyeux lurons nous invite à boire une bière avec eux. Pierre accepte et la décision de rester s’en découle. Daniel, un des jeunes hommes, est un technicien agricole et voilà la discussion lancée : élevage, qualité du lait, tout y passe. Il nous propose de stationner Ursul au fond du terrain de foot un peu à l’écart des festivités.



 

Une petite pause bien méritée dans Ursul est interrompue par les questions de deux couples. Lorsqu’ils s’apprennent que nous avons acheté du fromage de leur fromagerie ils insistent de tourner une courte publicité avec nous sur leur portable. Par la suite ils nous invitent à manger avec eux. En chemin le propriétaire de la fromagerie et son épouse insistent à nous offrir un poncho officiel de la fête. Le dîner est bon: du foie de chèvre, la viande de chèvre, du bœuf rôti sur des bâtons en fer autour du feu, du riz, des patates et de la salade. A ce moment, nous apprenons que le défilé du carnaval aura bientôt lieu et  nous sommes invités à y participer. Si à Rio, chaque quartier a son école de Samba, ici chaque quartier à son déguisement. Pierre  se déguise en cow-boy avec le groupe de Bricha. La foule arrive des villages environnant, pour participer. Les personnes âgées sont les super héros.

Un défilé fort en couleur, sujets et sourires qui se termine dans la salle de danse et de jeux couverte. Une jeune et jolie colombienne invite Pierre à danser. Le chanceux.



 

Le groupe célèbre « Los Dotores de la Carranga » de Santander del Norte est attendu avec impatience. Deux premiers groupe permettent de réchauffer l'atmosphère et d'être initié à la carranga, une des danses colombiennes. Mon professeur a le rythme dans le sang.
L’arrivée des star est annoncée avec un feu d’artifice. A partir de ce moment la salle est pleine de gens qui dansent. Ils sont majoritairement habillés en jeans serrés et ponchos traditionnels et portent un chapeau sur la tête. C’est leur musique qui parle de leur vie quotidienne. Avec fascination et enchantement nous les observons et de temps à autre nous y participons également. Une belle journée et une belle soirée.



 

Agradecemos sinceramente a nuestros compañeros y a la población de Macaravita para hacer sentirnos tan bienvenido.



Das Parfum der Zwiebeln
Am See Tota ist die Lauchzwiebelernte in vollem Gange. Die Luft ist erfüllt mit dem Duft der Zwiebeln. Lange Stangen sind es, die jeweils rings um den Kern herum geerntet werden. Das Herz bleibt in der Erde und dient als Fortpflanzungsorgan. Bei diesem allgegenwärtigen Parfum sammelt sich der Speichel im Munde an und vor dem inneren Auge erscheinen allerlei köstliche Gerichte auf der Basis von frischen direkt aus der Erde kommenden Zwiebeln. So halten wir bei einem Feld an, in dem eine Familie am Ernten ist, und kaufen ein Bündel davon ein.

Vor 41 Jahren war Pierre schon einmal in dieser Gegend und half mit bei der Kartoffelernte. Fotos von dieser Zeit hat er digitalisieren lassen und macht sich nun auf die Suche nach dem kleinen Tal am See. Amüsant den befragten Kolumbianern und Pierre zuzuschauen, wie sie werweissen, wo genau es sein könnte. Das Rätseln führt doch tatsächlich zur korrekten Antwort und ein beinahe gleiches Bild präsentiert sich bald unseren Augen. Na ja das neue Hotel will nicht so recht in die harmonischen Felder passen und es werden hier keine Kartoffel mehr, sondern Lauchzwiebeln angepflanzt. Der junge Besitzer des weissen Hauses mittendrin ist fasziniert von Pierres Geschichte und lädt uns zu einem Tinto in sein Haus ein. So erfahren wir auch, dass der Kilopreis der Lauchzwiebeln zwischen 400 und 1500 Pesos (ca. 12-45 Rappen) variieren kann. Harte Arbeit für wenig Entgelt.

Einmal mehr eine interessante und herzliche Begegnung. Pierre ist zufrieden mit der gelungenen Verknüpfung von Vergangenheit und Gegenwart.

Le parfum des oignons


La récolte des ciboules est en plein essor autour du lac de Tota. Leur parfum chatouille nos narines tout au long de notre séjour ici. Il nous fait rêver à des soupes ou des tartes à l’oignon. Nous en achetons fraîchement sortie de la terre. Un pur bonheur.

 



Il y a 41 ans Pierre a cueilli des patates par ici et il a une photo de l'endroit où il a travaillé. Il se met à sa recherche. Des échanges intéressants avec les gens du coin qui participent au jeu mènent finalement au bon résultat. Nous retrouvons ces champs presque inchangés malgré les années passées sauf qu’aujourd’hui on y trouve plus d'oignons que de patates et qu'un hôtel défigure un peu le paysage. Sur place, nous rencontrons un jeune homme qui est fasciné par cette histoire et nous invite pour prendre un tinto dans sa petite maison au milieu de ces champs, celle qu'on voit sur les deux photos de 1977 et 2019. Une rencontre chaleureuse et intéressante. Ce sont certainement les meilleures ciboules du pays selon lui, mais le travail est dur et le revenu pas toujours équitable. Selon l'abondance de la récolte, le prix du kilo vendu varie de 0,10 à 0,50US$.   Il faut en cueillir bien des kilos pour faire vivre sa famille. Nous quittons ces lieux et ces gens enchantés.



Stille
Auf dem Weg nach Bogotá, der Hauptstadt Kolumbiens, hat es auffällig wenig Verkehr auf den Strassen. Es ist schon fast unheimlich ruhig. Dies ändert sich auch nicht, als sich die 8-Millionen-Stadt vor unseren Augen ausbreitet. Am Donnerstag gab es einen Terroranschlag und der Präsident hat eine dreitägige Staatstrauer angeordnet.

Da das hintere linke Rad von Ursul sich immer noch zu stark erhitzt, müssen wir trotzdem mitten rein in die Stadt zum einzigen bekannten Unimogspezialisten in Kolumbien. In einem ruhigen älteren Quartier kontrollieren, schrauben, entfernen, reinigen, testen drei Männer zwei Tage lang fast ununterbrochen die beiden hinteren Räder. Zwischendurch stärken sie sich mit von mir gekochtem Tinto. Die Bremsen scheinen das Sorgenkind zu sein. Am dritten Tag nach einer weiteren längeren Probefahrt ist endlich alles in Ordnung und wir können uns unseren administrativen Verpflichtungen zuwenden. Die Schweizer Botschaft trägt wesentlich bei zum teilweise guten Gelingen. Und so haben wir noch Zeit das Goldmuseum zu besuchen.

Bereits am zweiten Morgen machen wir die Bekanntschaft mit Carolina, einer nach Australien ausgewanderten Kolumbianerin, die in ihr Land zurückgekehrt ist. Sie lädt uns zu einem typischen kolumbianischen Essen bei ihr und Liz ein. Wir bringen zwar eine Flasche Wein mit, dürfen dafür, nachdem wir in bester Gesellschaft ausgezeichnet gespeist haben, mit einem Kilo feinstem Kaffee nach Hause gehen. 

Obwohl es ruhig und angenehm ist in diesem Quartier, wir überall feine Spezialitäten einkaufen können und es sehr friedlich ist, sehnen wir uns, insbesondere auch nach unserem Marathon im Zentrum von Bogota nach Natur pur. So fahren wir am vierten Tag in den grössten Páramo der Welt.

Silence

Sur le chemin de Bogotá, la capitale de la Colombie, la circulation routière est très réduite. C'est presque effrayamment calme. Cela ne change pas alors que la ville de 8 millions d'habitants se dévoile sous nos yeux. Jeudi, il y a eu un attentat terroriste et le président a ordonné un deuil national de trois jours.

 

Comme la roue arrière gauche d'Ursul chauffe encore trop, nous devons aller directement en ville pour voir le seul spécialiste d’Unimog connu en Colombie. Dans un vieux quartier calme trois hommes contrôlent, vissent, enlèvent et nettoient les freins des deux roues arrières, presque en continu pendant deux jours. Les seules interruptions bienvenues: quelques tintos (café colombien). Le troisième jour, après un autre long essai, tout va enfin bien et nous pouvons nous tourner vers nos obligations administratives. L'ambassade de Suisse contribue de manière significative à une réussite partielle que nous célébrons en visitant le fameux musée de l'or.

 

Dès le deuxième matin, nous faisons connaissance avec Carolina, une Colombienne émigrée en Australie, qui est revenue dans son pays. Elle nous invite à un repas typiquement colombien avec sa famille. Après avoir dégusté une excellente cuisine en excellente compagnie, nous revenons chez nous avec en plus, un kilo du meilleur café.

 

Bien que ce quartier soit calme et agréable et que nous puissions goûter à de délicieuses spécialités, l’envie de nature revient vite, surtout après le marathon au centre de Bogotá. Nous partons donc le quatrième jour à la découverte du plus grand Paramo du monde.


Pancitara et San Sebastian
Nous quittons la jolie ville coloniale de Popayan vers le sud. La Panaméricaine est jolie mais on se réjouit de la quitter après une cinquantaine de kilomètres. La petite route qui va de Rosas à La Sierra est goudronnée et nous fait découvrir un joli paysage varié. Ensuite, vers La Vega, la route se détériore mais ralentir dans un tel paysage ne nous dérange pas.

En sortant de La Vega, on passe devant un poste militaire ou les gardes nous semblent plus armés qu’ailleurs. Il faut dire que la guérilla était particulièrement active par ici il y a quelques années. Il se fait tard et on doit trouver une place pour la nuit. On pourrait continuer sur la route principale mais on trouve préférable d'aller tenter notre chance par une route secondaire vers le village de Pancitara qu'on aperçoit là-bas sur la crête.

Contrairement aux derniers villages traversés, celui-ci est plus paisible et semble appartenir à une autre époque. On s'arrête à côté de l'église, face à la plaza ou jouent quelques enfants. Une vieille femme est assise face à sa boutique et elle nous dit qu'on peut y rester pour la nuit.

Comme à mes habitudes, une fois Ursul bien installé, je pars explorer nos nouveaux alentours. Le village, fondé il y a trois siècles, semble avoir peu changé. Face à la plaza, une grande affiche annonce le « Resguardo indigeno Yanakona de Pancitara ». Nous sommes donc dans une des réserve indigène de la tribu Yanakona, les traits des gens le confirme mais pas leurs costumes.

Il y a plusieurs « resguardos »dans le sud colombien et on nous a dit que souvent, on préfère garder les étrangers à distance. Plusieurs vieux sont assis à regarder une partie semblable au lancer de fer à cheval. Ils me confirment qu'il n'y a pas de problèmes à y passer la nuit.

On soupe face à la plaza où les jeunes hommes du villages jouent leur match de foot du samedi soir. Un peu plus tard, on frappe à notre porte. Un homme d'une cinquantaine d'année, escorté d'un plus jeune portant une machette et un bâton traditionnel de la tribu, nous précise poliment que nous sommes sur territoire indigène et qu'on ne peut y séjourner sans l'autorisation du Cabildo, le chef traditionnel de la réserve. On lui explique que les gens nous ont dit qu'il n 'y avait pas de problèmes à y passer la nuit et qu'on ne peut pas se risquer à continuer notre chemin à la noirceur. Il accepte de m'accompagner chez le Cabildo.

On s'arrête devant sa porte et celui-ci vient m’accueillir. Il m'explique la situation particulière de la réserve et les raisons pour lesquelles on ne peut y entrer comme dans un autre village. La consommation d'alcool y est interdite par exemple et on ne veut surtout pas que des « étrangers » viennent en offrir à la population. Des gardes feront la patrouille pendant la nuit et ils doivent donc être informés de notre présence. Il me questionne sur notre projet et nos intentions pour le lendemain. Le tout se fait de façon solennelle, dans le respect mutuel. Finalement, il nous accorde la permission de séjourner jusqu'à 9h. le lendemain. Après de nombreux remerciements, je retourne rejoindre Theresa qui avait préparé Ursul au départ s'il avait fallu.

La nuit est très tranquille et on est réveillé le lendemain par des hommes qui montent des « stands » sur la place en préparation du marché. Après le déjeuner, on discute un peu avec les curieux et on fait un petit tour du marché très rudimentaire. C'est dimanche, et la plaza se remplit tranquillement. Theresa prend une photo de trois femmes responsables portant leur bâton traditionnel. On achète carottes et fromage et à 9h., on est sur la piste vers San Sebastian.

Juste avant d'y arriver, une vue plongeante s'offre sur un joli village colonial, niché dans la verdure. On s'arrête pour une photo alors qu'un 4x4 venant en sens inverse s'arrête à nos côtés. C'est le maire et son épouse qui en profitent pour nous souhaiter la bienvenue et nous raconter un peu leur ville.

Fondée en 1562, ce petit bijou resté à l'écart, semble bien loin de la Colombie moderne. On en fait le tour tranquillement pendant et après la messe dominicale.

Deux belles découvertes loin de la Panaméricaine et encore inconnue des « Lonely Planets » et autres guides pour routards.

Pancitara und San Sebastian
Wir verlassen die hübsche Kolonialstadt Popayan im Süden Kolumbiens. Der Panamerican Highway ist ganz nett, aber wir sind glücklich, nach fünfzig Kilometern abzuzweigen. Die kleine Strasse, die von Rosas nach La Sierra führt, ist asphaltiert und wir entdecken eine schöne und vielfältige Landschaft. Dann, in Richtung La Vega, verschlechtert sich die Strasse, aber das verlangsamte Weiterkommen in einer solchen Umgebung stört uns nicht.

Wir verlassen La Vega und kommen an einem Militärposten vorbei, wo die Wachen bewaffneter erscheinen als anderswo. Es muss gesagt werden, dass die Guerilla vor einigen Jahren hier besonders aktiv war. Es wird spät und wir müssen einen Platz für die Nacht finden. Wir könnten auf der Hauptstrasse weiterfahren, aber es ist besser, unser Glück auf einer Nebenstrasse zu versuchen. Oben auf einem Grat sehen wir das Dorf Pancitara.

Im Gegensatz zu den letzten durchfahrenen Dörfern macht dieses einen friedlicheren Eindruck und scheint zu einer anderen Zeit zu gehören. Wir halten neben der Kirche an und sehen einen kurzen Moment den Kindern zu, die auf dem Platz daneben spielen. Eine alte Frau sitzt vor ihrem Laden und sagt uns, dass wir hier übernachten können.

Nachdem Ursul an seinem Nachtplatz steht, erkundige ich wie üblich die Umgebung zu Fuss. Das vor drei Jahrhunderten gegründete Dorf scheint sich wenig verändert zu haben. Vor dem Platz kündigt ein grosses Plakat den "Resguardo indigeno Yanakona de Pancitara" an. Wir befinden uns also in einem Reservat des Yanakona-Stammes. Die Gesichtszüge der Menschen bestätigen dies. Doch tragen sie keine traditionellen Kostüme.

Es gibt mehrere « Resguardos" in Südkolumbien, und man sagte uns, dass sie es oft vorziehen, Ausländer auf Distanz zu halten. Mehrere alte Leute sitzen auf einer Bank und beobachten ein Spiel, das dem Hufeisenwurf ähnelt. Sie bestätigen, dass es keine Probleme gibt, über Nacht zu bleiben.

Während wir eine Suppe essen, schauen wir den jungen Männern aus dem Dorf beim Fussballspiel zu. Etwas später klopft es an unserer Tür. Ein Mann in den Fünfzigern, begleitet von einem jüngeren Mann, der eine Machete und einen traditionellen Stab des Stammes trägt, erklärt uns höflich, dass wir uns auf indigenem Territorium befinden und dass wir nicht ohne die Erlaubnis des Cabildo bleiben dürfen, dem Chef des Reservats. Ich erkläre ihnen, dass die Leute uns die Erlaubnis erteilt haben und wir in der Nacht nicht weiterfahren können. Er willigt ein, mich zum Cabildo zu begleiten.

Wir halten vor der Tür des Cabildo an, er kommt raus, begrüsst mich und erklärt mir die besondere Situation des Reservats und die Gründe, weshalb hier andere Regeln gelten. Zum Beispiel ist Alkoholkonsum verboten und sie möchten nicht, dass "Ausländer" diesen in der Öffentlichkeit anbieten. Wachen werden während der Nacht patrouillieren und müssen über unsere Anwesenheit informiert werden. Er fragt mich nach unserem Projekt und unseren Absichten für den nächsten Tag. Alles wird feierlich in gegenseitigem Respekt besprochen. Schließlich erteilt er uns die Erlaubnis bis 9 Uhr am nächsten Morgen bleiben zu dürfen.

Die Nacht ist sehr ruhig. Am nächsten Morgen sehen wir beim Frühstück einigen Männern zu, wie sie Marktstände aufbauen. Danach unterhalten wir uns ein bisschen mit den Neugierigen und machen eine kleine Tour durch den Markt, der sehr bescheiden ist. Es ist Sonntag und der Platz füllt sich langsam. Theresa macht ein Foto von drei verantwortlichen Frauen, die ihren traditionellen Stock tragen. Wir kaufen Karotten und Käse ein. Um 9 Uhr machen wir uns auf den Weg nach San Sebastian.

Kurz bevor wir dort ankommen, haben wir einen schönen Blick von hoch oben auf das hübsche Kolonialdorf in Grün/Weiss. Wir halten für eine Foto an, während ein 4x4 in entgegengesetzter Richtung an unserer Seite hält. Es ist der Bürgermeister und seine Frau, die die Gelegenheit nutzen, uns zu begrüssen und uns etwas über ihr Dorf zu erzählen.

Das 1562 gegründete kleine Juwel blieb bis heute weit entfernt vom modernen Kolumbien. Während und nach der Sonntagsmesse spazieren wir durch das Dorf.

Zwei schöne Entdeckungen weit weg vom Panamerican Highway und weder von "Lonely Planet“ noch anderen Reiseführern entdeckt.


Aufruf zum Gebet
Ja das gibt es auch in Kolumbien. Dreimal ertönt ein Glockenspiel, zwischendurch erklingt laute Musik und dann beginnt die via Lautsprecher für alle Bewohner des Dorfes hörbare Abendmesse. Es herrscht aufmerksame Stille, die nur von den, über die mitten durch das Dorf führenden Panamericana, fahrenden Lkws gestört wird.

Appel à la prière
Oui, il y en a aussi en Colombie. Trois fois les cloches d‘une église sonnent, interrompant une musique forte puis commence la messe transmise par le haut-parleur pour tous les habitants du village. Tout s'arrête pour être attentif à la prière sauf les nombreux camions bruyants qui roulent sur la Panamericana traversant le village.


Reise aus einer andern Perspektive
Wir sind sechs insgesamt. Unsere technische Bezeichnung lautet: MICHELIN XZL 365 / 80 R20. Zwei von uns hängen jeweils hinten in der Höhe und vier von uns schuften. Unser tägliches Brot: wir rollen über Stock und Stein, queren Hunderte von Schlaglöchern, schwitzen Blut bei gefährlichen Passagen und sind praktisch immer superzuverlässig.

Hier in Kolumbien gehen die Menschen öfters mal in die Hocke vor uns und manchmal sogar auf die Knie. Sie bestaunen uns, diskutieren über uns, bewundern uns und von Zeit zu Zeit berühren, beklopfen oder tätscheln sie uns sogar. Ein gutes Gefühl so im Mittelpunkt zu stehen.

Leider hat jede Medaille eine Kehrseite und dieser entkommen auch wir nicht. Spitze Steine lassen uns schon nach einer relativ kurzen Zeit alt aussehen. Die vom Menschen eingelegten Ruhepausen ermöglichen uns, ebenfalls einen Moment auszuruhen. Doch wünschen wir uns gerade in dieser Phase des Öfteren einfach davonrollen zu können. Pfui, wir haben die Schnauze voll, werden wir doch unentwegt von Hunden jeder Grösse, jeder Farbe, jeder Rasse beschnuppert und mehr als genug angepinkelt. Unser sehnlichster Wunsch in solchen Momenten: Möglichst rasch einen Bach queren zu dürfen, denn unsere Socken stinken fürchterlich.

Voyage d'un point de vue différent
Nous sommes six au total. Notre nom technique est MICHELIN XZL 365/80 R20. Deux d'entre nous sommes suspendus à l'arrière et quatre d'entre nous travaillons. Notre labeur quotidien: rouler par monts et par vaux, traverser des centaines de nids-de-poule, suer du sang dans des passages dangereux,  nous restons presque toujours super fiables.

Ici en Colombie, les gens s'accroupissent souvent devant nous et parfois se mettent même à genoux. Ils nous admirent, nous touchent et nous caressent parfois. Nous sommes fiers d'être le centre de l'attention.

Malheureusement, chaque médaille a aussi son revers  et nous ne pouvons pas y échapper. Les pierres pointues nous vieillissent prématurément. Lors des pauses fixées par l'homme nous pouvons également nous reposer un instant. Mais, dans ces moments, nous souhaitons souvent nous sauver au plus vite. En effet nous sommes constamment harcelés par des chiens de toutes tailles, couleurs et races qui viennent nous pisser dessus. Dans de tels moments, notre souhait le plus cher : aller vite traverser une rivière, car nos chaussettes sentent terriblement mauvais.


Piste - La piste

Depuis qu'on a atteint les Andes colombiennes, notre rythme a bien ralentit. On savoure les départements de Santander et Boyaca par de petites routes de montagnes. Jusqu'ici, c'était de petites routes tranquilles, étroites et faciles,de vraies vacances.

A partir de Tasco, on fait une autre tentative par une piste inconnue de Open Street Map mais visible sur Google Earth.

Tasco et ses mines de charbon a plutôt triste allure et c'est avec plaisir qu'on quitte la route principale pour grimper les vertes montagnes. Une belle petite route de terre circule parmi les fermes laitières. Plus haut, c'est un peu plus sauvage et on est surpris de voir apparaître des couleurs automnales.

Cette route assez bien entretenue pour laisser circuler quotidiennement le camion de lait s'arrête brusquement dans une coure d'école. Les quelques fermes situées plus haut doive y descendre leur lait à cheval.

Une piste continue pourtant derrière l'école mais son allure est plutôt louche. Plus étroite, elle ne semble pas avoir été entretenue depuis longtemps. Seule note encourageante, une trace de tracteur s'ajoute aux traces de vaches et chevaux, alors on la suit.

La traversée d'un simple ruisseau sur un reste de ponceau, nous décourage presque mais  il faut continuer ne serait-ce que pour pouvoir se retourner ; il n'est pas question de repasser ce ponceau en reculant. Avant de trouver assez d'espace pour se retourner on passe à côté d'un champ de patates qu'un petit groupe est en train de récolter. Je m'informe sur la suite de la piste et on me dit que le pire est passé. En regardant Ursul, ils croient qu'il pourra passer car une camionnette est passée la semaine dernière, on décide donc de continuer. Pas bien loin car la journée s’achevant, on profite d'un élargissement de la piste pour s'installer pour la nuit confiant qu'on ne bloquera le passage à personne.

Le paysage devenu plus sauvage promet une nuit bien tranquille. Une fois installés, on aperçoit la dernière ferme de la vallée située juste en-dessous de nous. On salue son propriétaire qui ne tarde pas à grimper pour venir nous rejoindre. Dans ces régions plus isolées, le premier contact est souvent réservé mais avec Agustin ça clique tout de suite. On l'invite à prendre une bière avec nous, ce qu'il accepte avec joie. A 70 ans, il vit seul avec ses vaches. Le reste de sa famille vit proche du village de Gamesa qu'on tentera, avec succès selon lui, de rejoindre demain. En 70 ans, on est les premiers étrangers qu'il a vu passer. A 17h45, il doit nous quitter car la noirceur tombe vite par ici.

Le réveil est frais à 3700m. En repartant, on traverse, parfois dans les nuages, le Paramo, qu'on aime tant. La piste, rarement parcourue, ne pose finalement pas de problèmes à notre Ursul. Deux heures plus tard, on aperçoit les premières fermes de l'autre côté. La traversée est vraiment complétée lors-qu’apparaissent les premières mines de charbon au-dessus du village de Gameza.

Seit wir die kolumbianischen Anden erreicht haben, hat sich unser Tempo verlangsamt. Die Abteilungen Santander und Boyaca werden von kleinen Bergstrassen aus genossen. Bisher waren es ruhige, enge und leichte Strassen, ein echter Urlaub.

Von Tasco aus wagen wir einen weiteren Versuch mit einer unbekannten Spur von Open Street Map, die jedoch in Google Earth sichtbar ist.

Tasco und seine Kohlengruben sind ziemlich traurig und wir verlassen gerne die Hauptstrasse, um die grünen Berge zu erreichen. Ein schöner kleiner Feldweg führt zwischen Milchviehbetrieben durch. Höher oben ist es etwas wilder und wir sind überrascht, dass Herbstfarben auftauchen.

Diese Strasse, gut genug, um sie täglich mit dem Milchwagen zu befahren, stoppt abrupt auf einem Schulhof. Die wenigen Höfe weiter oben müssen ihre Milch zu Pferd hierhin bringen.

Eine Piste führt jedoch hinter der Schule weiter den Berg hoch. Sie ist schmal und scheint kaum befahren zu werden. Die einzigen ermutigenden Hinweise sind, Fussabdrücke von Kühen und Pferden sowie die Spur eines Traktors. Also entscheiden wir uns, ihr zu folgen.

Das Überqueren eines Baches auf einer extrem schmalen Erdbrücke entmutigt uns fast. Da wir nicht umdrehen können, passieren wir sie mit Müh und Not. Bevor wir einen genug grossen Platz finden, um zu drehen, kommen wir an einem Kartoffelfeld vorbei, in dem eine kleine Gruppe von Menschen am Ernten ist. Ich frage nach dem Rest der Strecke und es wird mir gesagt, dass das Schlimmste vorbei sei. Sie schauen Ursul an und meinen wir könnten es schaffen bis zum nächsten Dorf auf der andern Seite. Letzte Woche sei zudem ein kleiner Lieferwagen durchgefahren. Ermutigt fahren wir also weiter. Nicht lange darauf halten wir mitten auf der Piste für die Nacht an. Die Wahrscheinlichkeit, dass hier jemand in den nächsten Stunden durchfahren will, ist gleich null.

Die wilde Landschaft verspricht eine ruhige Nacht. Einmal installiert sehen wir die letzte Farm im Tal direkt unter uns. Wir begrüssen seinen Besitzer, der nicht lange braucht, um sich uns anzuschließen. In diesen eher isolierten Regionen ist der erste Kontakt häufig reserviert, aber mit Agustin klickt es sofort. Wir laden ihn zu einem Bier ein, dass er mit Freude annimmt. Mit 70 lebt er alleine mit seinen Kühen hier. Der Rest seiner Familie wohnt in der Nähe des Dorfes Gamesa. Er ist zuversichtlich, dass wir morgen dort unversehrt ankommen werden. Seit 70 Jahren sind wir die ersten Ausländer, denen er in dieser Gegend begegnet. Um 17.45 Uhr muss er uns verlassen, weil hier schnell die Dunkelheit hereinbricht.

Kühl ist es am nächsten Morgen auf 3700 m. Wir fahren weiter durch den Páramo, den wir so sehr lieben. Manchmal verschwindet er in den dichten Wolken. Die selten befahrene Strecke bereitet unserem Ursul keine Probleme. Zwei Stunden später sehen wir die ersten Bauernhöfe auf der anderen Seite. Doch erst das Auftauchen der ersten Kohleminen oberhalb des Dorfes Gamesa künden das Ende der Piste an.